Une autre idée de la chasse

Comme tous les bobos parisiens (pléonasme?), vous avez dû passer plus d’une fois, entre un brunch au marché des enfants rouges et une séance shopping rue des Francs-Bourgeois, devant le bel hôtel particulier qui abrite le musée de la Chasse et de la Nature. Et, comme nous, vous vous êtes demandés à chaque fois ce que faisait un tel bâtiment au milieu d’un Haut-Marais où la chasse n’est pas vraiment l’activité de prédilection (enfin mouhaha… bon bref).

Et pourtant, on nous l’a dit et répété, ce musée n’est pas du tout ce que nous croyons. En 2007, deux ans de travaux ont transformé le lieu en un cabinet de curiosité qui laisse une grande place d’art contemporain. Entre une collection de fusils de chasse et d’animaux empaillés, des vitrines exposent des œuvres de Françoise Petrovitch ou de Jean-Michel Othoniel. Il faut passer outre les trophées de chasse et se laisser surprendre par l’ambiance champêtre et aussi par une petite salle dont le plafond est recouvert de plumes de chouette. Mais dur de se motiver le week-end, nous repoussions sans cesse notre visite au week-end suivant…

Aujourd’hui nous avons un prétexte en or. Le musée organise une exposition du genre immanquable jusqu’au 8 janvier. Claude d’Anthenaise, le conservateur du lieu, a confié les clés de son pavillon (de chasse) à Françoise Pétrovitch. Avec beaucoup d’humour, l‘artiste a posé aquarelles, cages de verre, assiettes dessinées aux côtés les collections permanentes. Des petits lapins de céramique trouvent places sous de gros ours empaillés, dans le regard d’un loup affamé ou dans une cheminée.

Sur trois étages les œuvres cohabitent ; les époques se répondent harmonieusement ; les styles s’enrichissent respectueusement ; et les gibiers qu’ils soient de peau ou de verre s’accommodent parfaitement entre eux. A chaque salle, un petit clin d’œil contemporain permet de mieux appréhender l’univers du musée. Mais notre sélection de photos devraient être plus convaincante que nos adjectifs laudateurs.

Bref, cette installation est une porte d’entrée maligne et amusante sur un lieu intéressant Elle nous permet de poser un autre regard, plus artistique, plus citadin, sur le monde de la chasse, qui du coup devient moins étranger à notre univers bobo. Bref, c’est une petite bouchée d’air pur, de senteur forestière, que l’on vous encourage vivement à gouter durant ce gris automne !

Bonne visite bande de bobos !

Bobo Ben


Françoise Pétrovitch au musée de la Chasse et de la Nature
62, rue des Archives - 75003 Paris
 Jusqu’au 8 janvier 2012, tous les jours sauf lundis.