Et Charlotte Gainsbourg s’assuma chanteuse…
Bobo de merde a écouté Stage Whisper en avant-première et a aimé. Un aperçu du prochain album de Charlotte Gainsbourg…
Il existe un thé vert parfumé parmi les meilleurs qui soient. Cultivé dans les montagnes du Sud-Est de la Chine à plus de mille mètres d’altitude, chaque feuille est roulée à la main, une par une, de manière à former une petite perle, une Perle de Jasmin. Plongée dans l’eau chaude, elle s’ouvre, petit à petit, délivrant tout son parfum au fur et à mesure de l’infusion jusqu’à se déployer complètement. Il y a du Charlotte Gainsbourg dans ce thé. Elle aussi a d’abord grandi auprès d’une montagne de la chanson française. Puis, on l’a découverte frêle et fragile, repliée sur elle-même, lorsqu’elle offrit ses deux premiers albums d’adulte 5:55 et IRM, façonnés par des producteurs exceptionnels. Enfin, l’an dernier, Charlotte osa se plonger dans le grand bain de la scène. Et si cela manquait encore d’aisance, on la sentait se détendre progressivement, touchée par la chaleur d’un public gagné d’avance.
Mais il manquait à Charlotte Gainsbourg, des tubes, des vrais, capables de remuer une salle de concert. La sortie de Stage Whisper, mini-album prévu pour le 5 décembre, semble là pour y remédier. Si la seconde partie propose un ensemble de titres live issus de sa tournée, ainsi qu’un documentaire DVD, la première livre huit titres inédits qui amorcent un tournant musical. Dès le début, Charlotte attaque fort avec Terrible Angels, un tube électro-rock qui claque, découvert il y a quelques semaines dans un clip où elle se livrait même à une chorégraphie.
Charlotte Gainsbourg - Terrible Angels
Paradisco, tout aussi efficace et bien rythmé, prend le relais comme s’il cherchait à nous entraîner sur la piste du mythique Studio 54. All The Rain enchaîne, plus sombre et expérimental, étouffé par le poids des basses jusqu’à libérer les cordes et nous quitter sur un fin brutale. Ce n’est pas ce que l’album compte de meilleur. White Telephone, plus épuré, fantomatique, repose et conclut l’ensemble des chansons produites par Beck.



Charlotte Gainsbourg _ White Telephone
S’il est souvent reproché à Charlotte Gainsbourg sa voix fragile, son talent réside aussi dans son aptitude à bien s’entourer. Ainsi fait elle appel à quatre autres producteurs pour les titres suivants. Anna, produit par Asa d’Electric Guest, est le nouveau single, choix d’heureux tant le titre est le plus harmonieux et équilibré de l’album. Mieux mise en valeur et avec une voix moins retravaillée, Charlotte Gainsbourg s’assume enfin comme chanteuse.
Une évolution qui se poursuit sur la suite de l’album, avec Got To Let Go, produit par Charly Fink (Noah & The Whale) où elle se lance même dans un duo avec lui. Une agréable ballade qui, une nouvelle fois, n’étouffe pas la chanson. Connan Mockassin produit lui, Out Of Touch, nettement plus psychédélique et épuré, une respiration qui amène doucement vers la fin de la première partie de l’album. Memoir, chanson folk produite par Conor J O’Brien (The Villagers), le conclut sur un air léger qui sent bon le soleil écrasant.



Charlotte Gainsbourg - Memoir
Stage Whisper est un tournant, pas une révolution. Ceux qui n’aimaient pas Charlotte Gainsbourg ne se convertiront pas soudainement mais ceux qui apprécient son univers, se réjouiront de la voir se déployer et se libérer, comme si le pesant héritage paternel était loin et qu’elle était enfin prête à devenir une chanteuse. Une Perle de Jasmin qui aurait fini par infuser…
Bobo BixIllustration : Elsa Mahé

Et Charlotte Gainsbourg s’assuma chanteuse…

Bobo de merde a écouté Stage Whisper en avant-première et a aimé. Un aperçu du prochain album de Charlotte Gainsbourg…

Il existe un thé vert parfumé parmi les meilleurs qui soient. Cultivé dans les montagnes du Sud-Est de la Chine à plus de mille mètres d’altitude, chaque feuille est roulée à la main, une par une, de manière à former une petite perle, une Perle de Jasmin. Plongée dans l’eau chaude, elle s’ouvre, petit à petit, délivrant tout son parfum au fur et à mesure de l’infusion jusqu’à se déployer complètement. Il y a du Charlotte Gainsbourg dans ce thé. Elle aussi a d’abord grandi auprès d’une montagne de la chanson française. Puis, on l’a découverte frêle et fragile, repliée sur elle-même, lorsqu’elle offrit ses deux premiers albums d’adulte 5:55 et IRM, façonnés par des producteurs exceptionnels. Enfin, l’an dernier, Charlotte osa se plonger dans le grand bain de la scène. Et si cela manquait encore d’aisance, on la sentait se détendre progressivement, touchée par la chaleur d’un public gagné d’avance.

Mais il manquait à Charlotte Gainsbourg, des tubes, des vrais, capables de remuer une salle de concert. La sortie de Stage Whisper, mini-album prévu pour le 5 décembre, semble là pour y remédier. Si la seconde partie propose un ensemble de titres live issus de sa tournée, ainsi qu’un documentaire DVD, la première livre huit titres inédits qui amorcent un tournant musical. Dès le début, Charlotte attaque fort avec Terrible Angels, un tube électro-rock qui claque, découvert il y a quelques semaines dans un clip où elle se livrait même à une chorégraphie.


Charlotte Gainsbourg - Terrible Angels

Paradisco, tout aussi efficace et bien rythmé, prend le relais comme s’il cherchait à nous entraîner sur la piste du mythique Studio 54. All The Rain enchaîne, plus sombre et expérimental, étouffé par le poids des basses jusqu’à libérer les cordes et nous quitter sur un fin brutale. Ce n’est pas ce que l’album compte de meilleur. White Telephone, plus épuré, fantomatique, repose et conclut l’ensemble des chansons produites par Beck.

Charlotte Gainsbourg _ White Telephone

S’il est souvent reproché à Charlotte Gainsbourg sa voix fragile, son talent réside aussi dans son aptitude à bien s’entourer. Ainsi fait elle appel à quatre autres producteurs pour les titres suivants. Anna, produit par Asa d’Electric Guest, est le nouveau single, choix d’heureux tant le titre est le plus harmonieux et équilibré de l’album. Mieux mise en valeur et avec une voix moins retravaillée, Charlotte Gainsbourg s’assume enfin comme chanteuse.

Une évolution qui se poursuit sur la suite de l’album, avec Got To Let Go, produit par Charly Fink (Noah & The Whale) où elle se lance même dans un duo avec lui. Une agréable ballade qui, une nouvelle fois, n’étouffe pas la chanson. Connan Mockassin produit lui, Out Of Touch, nettement plus psychédélique et épuré, une respiration qui amène doucement vers la fin de la première partie de l’album. Memoir, chanson folk produite par Conor J O’Brien (The Villagers), le conclut sur un air léger qui sent bon le soleil écrasant.

Charlotte Gainsbourg - Memoir

Stage Whisper est un tournant, pas une révolution. Ceux qui n’aimaient pas Charlotte Gainsbourg ne se convertiront pas soudainement mais ceux qui apprécient son univers, se réjouiront de la voir se déployer et se libérer, comme si le pesant héritage paternel était loin et qu’elle était enfin prête à devenir une chanteuse. Une Perle de Jasmin qui aurait fini par infuser…

Bobo Bix
Illustration : Elsa Mahé