C’est une des bonnes surprises de la rentée. Raphaël signe un des meilleurs albums parmi le rayon “nouveautés chanson française” (avec Za7vie l’album concept de Zazie qui n’est vraiment pas mal mais ressemble un peu trop à ce qu’elle fait depuis toujours). Étonnamment sombre et musicalement soigné, Pacific 231 abrite quelques pépites.
Ne pas tomber dans le piège de Le Patriote, le premier single de l’album, dont je ne suis vraiment, vraiment, pas fan. Je ne trouve pas Raphaël très crédible quand il fait sa tirade “chanteur engagé qui crache sur la France profonde”. Et même si l’idée de rendre hommage à Renaud est sympathique, l’album vaut mieux que ça. En revanche la chanson Terminal 2B ouvre intensément l’album. Raphaël n’est jamais meilleur que quand il expose ses fêlures. Sa voix éraillée et ses partitions travaillées magnifient ses textes alambiqués. Son air minot rend le tout générationnel.
Tout l’album est un voyage en locomotive ou en Inde. Mais le chemin le plus sinueux reste celui d’un mal-être permanent qui semble habiter le jeune chanteur. Où qu’il soit sur la planète, Raphaël ne parait jamais trouver sa place. On aime ainsi Je hais les dimanches, La Petite misère, La Prochaine Station et, surtout, le très beau Dharma Blues, qui résume à merveille de ce disque.
Après plusieurs écoutes, je me demande combien de temps je vais apprécier Pacific 231 ? Car les précédents albums du chanteur m’ont tous vite lassé. Jusqu’au rejet… Mais cela ne va pas m’empêcher de continuer à gouter à cette heure d’évasion.
Bobo Ben