Contrairement à ce que laisse entendre le désastreux accord entre le PS et les Verts, il est temps pour François Hollande de se “déjospiniser”, de prendre le PS dans toute sa diversité. Ce n’est pas moi qui ai fait le lit du FN en 2002. Les coupables sont ceux qui se sont détournés des ouvriers, ceux qui s’occupent des bobos et ont laissé tomber le populo.

Jean-Pierre Chevènement, qui fait son Mélenchon dans une interview aujourd’hui à La Voix du Nord  attaquant le Parti Socialiste devenu, à son sens, un parti de bobos. Gauche prolo contre gauche bobo, un débat qui s’intensifie à gauche, une guerre des gauches récemment évoquée par Télérama. Hervé Algalarrondo, journaliste au Nouvel Observateur, dénonçait violemment il y a quelques semaines cette boboïsation de la gauche dans son dernier ouvrage, La gauche et la préférence immigrée : “L’immigration à gogo, c’est un credo de bobos. (…) La préférence nationale martelée par le FN est fondée sur la xénophobie. La préférence immigrée est l’envers de la prolophobie qui a saisi les élites de la gauche.” Le think tank de la gauche, Terra Nova, ne propose pourtant rien de moins que “d’abandonner” les classes ouvrières, dans un rapport polémique “Gauche, quelle majorité électorale pour 2012 ?”. Le nouveau peuple de gauche serait alors recentré sur les socio-démocrates, faisant le deuil d’ouvriers qui ont filé à droite ou aux extrêmes. Les opinions divergent à gauche sur la stratégie à suivre, un trouble qui n’est pas sans réjouir la droite (à commencer par l’un de leurs plus grands penseurs, Eric Zemmour), antiboboïste primaire comme nous l’écrivions en avril. Car la gauche est surtout en train de s’engrouffer dans le piège tendu par Patrick Buisson, placer la campagne de 2012 sur le terrain bobos contre prolos…

Bobo Bix