La Semaine de Guillaume

La dimanche, IRL (comme on dit), les bobos aiment à retrouver leurs amis autour d’un brunch. Sur ce blog, c’est le jour où l’on aime laisser une carte blanche à des invités triés sur le volet. A l’instar de Nathalie, Elodie ou Alexis, c’est au tour de Guillaume, qui écrit sur Trimtab, un blog plein de second degré et d’humour noir où il pratique le parisianisme, de nous livrer sa semaine. On peut aussi retrouver Guillaume sur Twitter, sur Radio Campus Paris ou sur AdopteUnMec où il s’amuse à être un connard

La semaine du 11 novembre, pour les bobos, c’est vraiment une sacrée semaine de merde, peut-être la pire de l’année. Je ne sais même pas par où commencer. Par le lundi peut-être, paysan.

Lundi 8 novembre : Déjà c’est un lundi… Ok passons, on s’en mange un par semaine, l’habitude adoucit l’aigreur. Ensuite c’est la journée où les décorations de Noël commencent à apparaître un peu partout. Dans les faits, on se ramasse des espèces de grues sur des camions avec des types dans des nacelles qui gueulent toute la journée. Devant la fenêtre du bureau, c’est la mort. Et puis qui en a encore quelque chose à foutre de Noël ? C’est un peu comme la fête de la musique : une raison de plus de se faire pourrir les rues par les hippies et les bons sentiments. Bonus spécial, le temps de merde, c’est gratuit, c’est cadeau. Et enfin, l’augmentation du prix du paquet de clope. La bonne nouvelle c’est que les Davidoff reviennent à un prix rond (6 euros), la mauvaise c’est que nous sommes sont une fois de plus la cible des persécutions. J’imaginais qu’avec Mad Men, le peuple comprendrait enfin que les fumeurs font marcher l’économie… Visiblement non. Paye ton lundi.

Mardi 9 novembre : J’étais mal mardi, le lundi m’avait achevé, alors j’ai eu besoin de décompresser. En sortant de mon dojo, j’ai hésité entre aller filer un coup de main aux bénévoles de la soupe populaire ou m’occuper de mon propre estomac. Direction La Grande Epicerie de Paris donc, ça faisait trop longtemps que je n’avais pas gouté les M&M’s au beurre de cacahouète (le paquet coute 3,40 euros mais je vous les conseille). Je fais le tour des rayons à la recherche de ce que j’ai pu manger lors de mes voyages à l’étranger. Bœuf séché, Jerry Belly bean, Bagels et huile de truffe… Ce qui est drôle avec la Grande Épicerie, c’est qu’on a l’impression de voyager. Et puis on est en début de mois, alors 56 euros pour une dizaine de produits… Qu’importe… Mon diner sera sucré et bobo.

Mercredi 10 novembre : La journée se passait trop bien. J’ai compris où était le piège à 21h00. J’avais rendez-vous dans un pub du Vème, pour passer la nuit à médire avec un ami sur nos connaissances communes. J’arrive devant le pub : 200 personnes. Tous les bars sont pleins… Of course, jeudi est férié. Les paysans sont de sortie. Nous décidons de nous retrouver trois heures plus tard, au même endroit. Pourquoi trois heures ? La fin des RER. En général, ça écrème les rues. En attendant, je vais prendre un bain chez moi en écoutant Verdi, puis Vivaldi et de nouveau Verdi. Il y a de la mousse, des cigarettes, du café et du thé. La soirée aurait pu être pire. Quand je rentre, il fait jour.

Jeudi 11 novembre : Il paraît qu’il y avait quelque chose à commémorer. C’est plutôt rive droite qu’on organise des cérémonies, c’est leur genre d’en faire des tonnes. Moi, rive gauche, j’ai préféré dormir jusqu’à 17h30 et aller dîner avec des amis. Tout le monde était très bien habillé, le champagne était frais et le whisky tiède, c’était donc une délicieuse soirée.

Vendredi 12 novembre : Je fais « le pont ». C’est vraiment génial, en revanche, ça veut dire que ce week-end, Paris va devenir un parc d’attraction pour touristes et provinciaux. Dans ces cas-là, je pars chez père, à la campagne. J’achète une cartouche de cigarettes et je saute donc dans un train. Le train part de la gare de Bercy que je ne connaissais pas. Comme tout ce qui est à Bercy, c’est moche, sale et ça chlingue. J’arrive en paysannie, ça n’a pas changé. J’ai toujours un peu de mal à m’habituer aux meubles quand ils ne sont pas designés par Stark. Pour oublier, je fume en mangeant des Oréos.

Samedi 13 novembre : Fin de semaine, parce que le samedi, je commence à préparer la prochaine qui s’annonce plus que chargé. Billets pour mon blog, planification des soirées… Tiens, ce soir nous n’avons plus de gouvernement… Avec notre président on a un peu l’impression d’être dans une série TV américaine. Ca me dégoute.

Dimanche 14 novembre : Je rentre à Paris. J’aime tellement retrouver ma ville. Pour fêter ça, j’ai mis mon plus beau pull à col roulé. Il faut que dans le train ce soit bien clair : Je rentre à la maison.

Guillaume Natas