La Semaine de Pierre-François
Mega connard ET bobo de merde, cela pourrait être trop pour un seul homme, mais pas pour Pierre François. Travaillant dans une agence de pub et vivant dans le vingtième, notre nouvelle terre promise, il écrit beaucoup aussi pour le blog collectif Megaconnard, entretient son Tumblr et son Twitter. Après Nathalie, Elodie, Alexis et Guillaume, c’est à son tour d’être notre invité ce dimanche pour une carte blanche sur sa semaine.

« On s’étudie trois semaines, on s’aime trois mois, on se dispute trois ans, on se tolère trente ans et les enfants recommencent. » [Hippolyte Taine]
« Vous allez m’étudier qu’une semaine, ça n’engage à rien. » [Pierre-François Canault]
Lundi 13 décembre : Le lundi est sûrement le soir le plus sympathique pour l’agoraphobe parisien que je ne suis pas. Mais j’aime chercher la tranquillité dans les endroits toujours over bondés. Donc comme tout Bobo travaillant dans le XVII, j’ai été boire une bouteille un verre au Bloc rue de Brochant. Bercé par les paroles de Dutronc, l’endroit idéal pour refaire le monde sur des tables en ardoise où de jeunes Picasso ce sont expérimentés à l’abstrait.
Mardi 14 décembre : Après avoir dessaoulé récupéré de mon excursion au pays du vin rouge, « ce beau pays qui est le mien », je suis parti m’aérer en province à Boulogne. Un peu effrayé au début par le dialecte du 92, je voyageais avec un pingouin en peluche qui répondait au nom de Toufik. Cadeau destiné à ma filleule, il fut mon intermédiaire à Marcel Sembat pour échanger ma monnaie avec la devise locale. Deux trois « Boulouloubi, boulouloubi » suffirent.
Mercredi 15 décembre : De retour en France à Paris, en compagnie de la ravissante Emilie, le théâtre de la Madeleine nous accueillait à l’occasion de la Pièce « Nono ». Emilie fait partie de ces très rares demoiselles qui ont cette faculté à faire accélérer le rythme cardiaque des jeunes gens et des hommes d’âges murs lorsqu’elle foule le pavé parisien. De quoi rendre la future « Madame Katerine » jalouse. Une pièce écrite durant la jeunesse de Guitry, trop naïve et légère à mon goût… de bobo… de merde. Je reste sympathique dans mon point de vue, les personnes du poulailler ont émis des critiques ras la basse cours.
Jeudi 16 décembre : Jeudi c’est thérapie. L’équipe Megaconnard était à la maison pour un apéro où librement je pouvais m’exprimer sur cette capacité que j’ai d’être un bobo : certes, mais un connard : surtout. Le meilleur nectar pour ce type de soirée reste les bulles made in Reims : Comme disait Gilles Martin-Chauffier dans Une Vraie Parisienne, la bible du Bobo : « La vérité est une bulle de champagne, elle remonte toujours à la surface. » Pour une soirée Megaconnard, c’est approprié.
Vendredi 17 décembre : Le week-end montre son joli nez quand les Craypion d’or récompensaient pour la première fois les pires exercices de style webistique. De jolies demoiselles aux juppes élancées tournaient autour des barbus lunettés sortant d’agence de pub endettés. Une excellente soirée.
Samedi 18 décembre : J’ai toujours aimé mettre mon pyjama le samedi soir, retomber en enfance un soir par semaine justifiait de loin un syndrome de Peter Pan non assumé. Mais une soirée pyjama avec d’autres « enfants perdus », c’est une raison pour s’envoler.
Dimanche 19 décembre : J’ai rejoint l’île imaginaire et les images de cette semaine riche en émotion se sont rangées dans l’ordre devant mes yeux de bobo heureux d’être un connard de Parisien. Et pour tout vous avouer, je suis heureux d’en être un, sinon j’aurais été obligé de regarder Vivement Dimanche.
Vivement lundi.
Pierre-François Canault
Photo : Laurence Guenoun