La semaine de Simon
On a longtemps hésité avant de demander à Simon Murin de nous décrire sa Boboweek. En effet, il bosse dans la com’ (et dans la com’ du luxe, c’est pire encore) et il vit dans le 6e arrondissement : on avait peur que cela soit trop cliché pour nous. Mais comme on adore les gens qui assument d’être de gros bobos on lui a donné carte blanche. Après Pierre-Francois, Nathalie, Elodie, Alexis et Guillaume, c’est donc au tour de Simon d’être notre invité ce dimanche.

Déjà deux semaines que l’année a débutée et ma mère commence tout juste à se remettre de la pleine cuillère de “guacamole japonais” qu’elle s’est empressée d’avaler le soir du réveillon… Une larme.
A peine deux semaines que l’année a débutée, et je commence seulement à me remettre de l’horreur que ces express vacances en province m’ont révélée. On laisse ses parents sans surveillance l’espace de six mois et sans que l’on ne s’en aperçoive, ils sont devenus bobos. Les yaourts ? Faits maison mon fils… Le pain ? Fait maison mon gars… Les légumes? Fraîchement déposé par le vois….. Stoooooooooooopppppppppp ! C’est plus que je ne peux en supporter. Trois jours plus tard (et trois kilos dus à la brioche quotidienne de mère-grand), retour en la capitale. A moi les bains à rallonge toutes lampes allumées, les marathons ciné et les razzias chez Da Rosa. Happy 2011 !
C’est reparti ! Côté bureau, la rentrée physiquement parlant c’est aujourd’hui. Concrètement, j’aurais aimé qu’il en soit autrement, mais Dieu est de retour. Un mois à L.A., alternant bronzette au Château Marmont (moins ennuyante que celle de Elle Fanning espérons) et divins shootings avec l’envoutante et la rayonnante KW. Jetlag, trois heures de sommeil la nuit dernière, sept Nespressos en une matinée, il est en forme. Je commence le Lexomil dès lundi dix heures ou on attend un peu ? En plus impossible de trouver une foutue mannequin asiatique à Paris.
Qu’à cela ne tienne, accroche ta culotte, cette semaine c’est moi qui pilote. La semaine s’annonce de toute beauté, cette après-midi je déménage, et en bonne et due forme.
25 mètres carrés rue Racine dans le 6ème… Juste à côté du théâtre de l’Odéon, idéal pour les soirées romaines en terrasse. L’agent, avec son air mi-père Fouras, mi- Marc Veyrat a presque plus de cachet que l’appart. Dommage. Jamais tous mes livres et mes trois dressings ne rentreront. 38 mètres carrés rue des Martyrs… Trop rive droite.
Finalement, ce sera 30 mètres carrés quelques étages au-dessus du Montana. En espérant que le café du coin ne soit pas trop mal fréquenté.
Après un rapide check du répertoire, rendez-vous est pris. Les déménagements, c’est toujours mieux avec des déménageuses. Certes elles sont moins fortes donc c’est plus long, mais quitte à ce que ça dure, autant que ce soit un plaisir pour les yeux. 5 Charlie’s Angels en sueur, une paire de Louboutin, un 2.55, 3 pizzas chic, et 7 sextos pour le plus glam’ des déménagements. Et en plus de cela, notre Naomi Campbell post-Katrina la Bécasse a déjà tout rangé. Amen.
Une allumette et une bougie Trudon – Trianon – et commence donc la ronde infernale des visites, thés, et autres mondanités. Oui, la sur la droite, la salle de bains, non je n’ai pas de jacuzzi non désolé. La cuisine ? Oui c’est le placard là tu vois, oui vas-y chérie ouvre c’est ultra bien agencé tu verras, les plaques sur le frigo sous le néon à côté de la hotte quatrième droite et tu trouveras peut être l’évier. Non ça ce n’est pas mon lit c’est les cartons… On s’y perdrait dans ces palais…
Ne manquait plus pour couronner le tout que le retour des Younited States du 2ème de fratrie. Je m’attendais à trouver un gros gras et j’ai écopé d’un gangsta, casquette de basket hologrammée posée sur un headphone triple XL chromé sur les oreilles. Ca valait bien un détour à CDG.
Métro, boulot, dodo, Grande Ep, ciné, dîners. La seule chose que l’on attend tous, c’est le vendredi soir, pour retrouver son home sweet home. En l’occurrence, ce vendredi le mien était recouvert d’une bâche bleue en mode Glastonburry s’invite chez toi, encombré par 37 cartons, quelques valises et une quarantaine de personnes dansant pêle-mêle ou tête-bêche. Toutes mes tribus en un seul et même lieu, les rageurs de la mode, les branleurs de la comm’, les bonnasses do Brasil, les Bisounours en scooter, les bobocastées, les femmes coincées, les paumés, les rockés, les improvistés,… Le Montana n’a qu’à bien se tenir, parce que chez moi il y fait aussi chaud, on y est aussi serrés, mais au moins on s’y amuse. Une folle soirée pour un réveil sévère.
Rien de mieux alors qu’un weekend détox, à trainasser en pull en cachemire en écoutant Radio Classique, à flâner au marché bio du Boulevard Raspail pour préparer la soupe du dimanche soir.
Un petit tour à la piscine Pontoise pour les plus courageux, une terrasse rue de Seine et un énième ciné pour entamer ce début d’année anti-bobo et clôturer cette première semaine germanopratine.
Simon Murin