L’amour est dans le pré, sex is in the city.

Quand on en vient à reconnaître des épisodes de sa propre vie dans des séries comme Sex and the City, Clara Sheller, Gossip Girl ou encore Ugly Betty, il est temps de se poser des questions : notre condition sociologique de bobo de merde a-t-elle une influence sur notre vie sentimentale et/ou sexuelle ? M. m’expliquait récemment sa théorie selon laquelle un an de relation parisienne équivaudrait à dix fois plus en province… Paris décuple-t-il tout ? Au fin fond de la Creuse, matter en couple le porno du samedi de Canal peut paraître comme un fantasme osé (et pas seulement parce que le câble est déjà leur rêve) ; à Paris, on haussera à peine un sourcil si vous annoncez la mise en ligne de votre dernière sex-tape sur Xtube. Si le trait est forcé, une étude de 1895, Psychopathia Sexualis, va dans ce sens : «Les habitants des grandes villes qui sont sans cesse ramenés aux choses sexuelles et excités aux jouissances ont assurément de plus grands besoins génésiques que les campagnards. Une vie sédentaire, luxueuse, pleine d’excès, une nourriture animale, la consommation de l’alcool, des épices, etc., ont un effet stimulant sur la vie sexuelle.» Est-ce ainsi que l’on se retrouve, après plusieurs années de vie bobo parisienne, à pratiquer ce qui vous choquait encore lors de votre installation dans la capitale ?
Si tous les bobos ne sont pas des queutards ou des nymphomanes, la plupart d’entre-nous parlons de sexe de manière complètement décomplexée. La vie sexuelle de nos ami(e)s n’a plus aucun mystère pour nous, quand nous ne mélangeons pas allègrement sexe, amours et amitiés. Un plan cul n’a rien de tabou, un fucking buddy traîne toujours par là et quoi de plus facile à organiser dans Paris qu’un plan à 3 ? Les frontières entre hétérosexualité et homosexualité sont de plus en plus floues, quant à la fidélité… il semblerait bien que ce soit une valeur qui ait du plomb dans l’aile chez les bobos, qui se complaisent dans la polygamie : P. sort actuellement avec 3 filles, pour oublier que la seule du lot qui lui plaise vraiment est déjà avec un autre mec ; N. entretient sa libido en cumulant les histoires foireuses tout en entretenant une relation platonique avec le mec dont il est amoureux. Car dans une ville qui concentre le sixième de la population française, et par conséquent, le sixième de ses meilleures tentations, la véritable prouesse du bobo ne réside pas dans ses acrobaties sexuelles mais dans la survie des sentiments. La résistance aux innombrables tentations est devenue un combat quotidien auquel il devient presque ringard de résister. A moins que ce ne soit l’inverse, et que les plus hypes d’entre-nous soient finalement ceux qui ont déménagé dans la Creuse ? Mariage bouseux…
Bobo Bix