A peine rentrés de nos périples hivernaux en Province (eh oui en vrai faux-bobos nous n’avons malheureusement pas passé les fêtes à Paris cette année…), nous avons tous deux retrouvé nos bonnes vieilles habitudes. Pendant que l’un sirotait un cocktail du Curio Parlor, l’autre retrouvait les fauteuils du fameux MK2 Quai de Seine pour vivre son première coup de cœur cinéma de l’année 2010 : Tétro de Francis Ford Coppola.
Magnifiquement filmé en noir et blanc dans les rues de Buenos Aires, ce film met en scène un superbe trio de cinéma : deux frères et la femme de l’ainé d’entre eux. Tout commence par l’arrivée du plus jeune qui a fui sa riche famille new-yorkaise et fait escale chez son ainé qui a fait le même parcours quelques années auparavant après avoir renié jusqu’à son nom de famille. Pendant deux heures, Coppola remonte le fil du drame familial originel qui a poussé Tétro à abandonner sa famille. La curiosité du plus jeune se heurte sans cesse aux blessures, aux refoulements et à la frustration littéraire de l’autre. Un tandem de personnages qu’arbitre la douce et bienveillante Miranda incarnée par la très sensuelle Maribel Verdu.
En plus d’un talent incomparable de narrateur (même si l’épilogue est un peu décevant et le théâtre un peu trop présent), Coppola sublime ses acteurs à l’écran. Vincent Gallo, trouve enfin un rôle qui justifie sa bonne réputation. Avec son visage plus marqué que jamais et son regard hagard, il donne corps à ce personnage sinueux, complexe mais attachant. Mais c’est surtout Alden Ehrenreich (au premier plan) dans le rôle de Bennie qui crève l’écran. Il illumine littéralement la pellicule. Sa démarche gauche et son sourire ravageur sont magnétiques. On pense au Marlon Brando de Sur les quais de Kazan ou au DiCaprio de Gilbert Grape . Il y a forte à parier que ce jeune homme, repéré par Spielberg, ait une grande carrière.
Bref, un film intense à se prendre dans la gueule qui se démarque nettement des autres niaiseries du moment. A voir absolument.
+ Tétro de Francis Ford Coppola, 2009, 2h07. Voir la -mauvaise- bande-annonce.
Bobo Ben