Elle est bobo… elle vote Sarko
Sommes-nous condamnés à voter DSK lors des primaires socialistes ? Si l’on en croit Christian Jacob, qui s’est exprimé ce week-end sur Radio J, le patron du FMI serait Notre candidat incarné : “Ce n’est pas l’image de la France, l’image de la France rurale, l’image  de la France des terroirs et des territoires, celle qu’on aime bien,  celle à laquelle je suis attaché.” Le chef de groupe des députés UMP venait déjà d’en mettre une couche sur la répartition des bureaux de vote pour désigner le candidat PS à la présidentielle : “Il vaut mieux être né dans le 8e, dans le 7e ou dans le 6e  arrondissement de Paris pour participer aux primaires que dans le Midi  viticole, dans le Limousin ou dans la Haute-Vienne. C’est des primaires  de bobos !”
Opposer le rat des villes au rat des champs est une vieille habitude de la droite, que poursuit ici Christian Jacob. Longtemps, Jean-Marie Le Pen a adoré taper sur ces “bobos-gogos”, “ces populations urbaines aisées” dont l’écologisme est la “nouvelle religion”. Un discours qui plaît tellement aux téléspectateurs du JT de Pernault que sa fille le reprend à son compte, et n’hésite pas, elle non plus, à nous casser du sucre dessus. Comme quand elle s’emporte (en mars 2010) à l’antenne de France Inter lorsqu’on lui parle de la campagne anxiogène de Nicolas Sarkozy : “Ce type de discours des journalistes bobos qui vivent dans le 16e, je ne le supporte plus !” 
Christian Jacob et Marine Le Pen gagneraient pourtant à revoir leur “bobographie”. 6e, 7e, 8e, 16e, nos quartiers de prédilection ? Première nouvelle ! Tous ces arrondissements ont des maires… de droite. La caricature vise surtout à alimenter l’ancestrale aversion de certaines populations rurales à l’égard des privilégiés en ville. Bobos contre prolos, une division que l’on retrouve même dans la presse tunisienne commentant le renversement de Ben Ali. 
Farouchement opposés au bling-bling qu’ils exècrent, les bobos sont les nouveaux rois de Paris où ils ont couronné Bertrand Delanoë en 2001. Pourtant, à la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy, avec 50,19% des voix, y a devancé Ségolène Royal d’une courte tête. Rebelote aux dernières européennes, où l’UMP arrive en tête et fait mieux que dans le reste du pays. De quoi faire la peau du cliché du bobo écolo qui vote PS, Europe Ecologie ou MoDem ? Pas si sûr… Pourtant, lors d’une discussion au détour du marché Mouffetard avec Jean Tibéri, on sent bien la volonté de récupérer cet électorat. Les bobos envahissent tous les arrondissements, les uns après les autres. Il en sait quelque chose : ça lui a coûté son siège de maire de Paris. Mais si être bobo, c’est être à la recherche d’un certain art de vivre, vouloir plus de crèches, des couloirs de bus, un habitat urbain amélioré, des vélos, etc. En quoi est-ce incompatible avec ses valeurs ? Pour Jean Tibéri, c’est très clair : on peut être bobo et de droite. Ce qui pourrait s’avérer simple à l’échelle municipale lui pose un problème au niveau national : comment séduire ouvertement cet électorat grandissant sans heurter leurs bases rurales à l’aversion nourrie contre les bobos ? Pas sûr que la sortie de Christian Jacob arrange Chantal Jouanno qui se positionne pour 2014…
Bobo Bix

Elle est bobo… elle vote Sarko

Sommes-nous condamnés à voter DSK lors des primaires socialistes ? Si l’on en croit Christian Jacob, qui s’est exprimé ce week-end sur Radio J, le patron du FMI serait Notre candidat incarné : “Ce n’est pas l’image de la France, l’image de la France rurale, l’image de la France des terroirs et des territoires, celle qu’on aime bien, celle à laquelle je suis attaché.” Le chef de groupe des députés UMP venait déjà d’en mettre une couche sur la répartition des bureaux de vote pour désigner le candidat PS à la présidentielle : “Il vaut mieux être né dans le 8e, dans le 7e ou dans le 6e arrondissement de Paris pour participer aux primaires que dans le Midi viticole, dans le Limousin ou dans la Haute-Vienne. C’est des primaires de bobos !

Opposer le rat des villes au rat des champs est une vieille habitude de la droite, que poursuit ici Christian Jacob. Longtemps, Jean-Marie Le Pen a adoré taper sur ces “bobos-gogos”, “ces populations urbaines aisées” dont l’écologisme est la “nouvelle religion”. Un discours qui plaît tellement aux téléspectateurs du JT de Pernault que sa fille le reprend à son compte, et n’hésite pas, elle non plus, à nous casser du sucre dessus. Comme quand elle s’emporte (en mars 2010) à l’antenne de France Inter lorsqu’on lui parle de la campagne anxiogène de Nicolas Sarkozy : “Ce type de discours des journalistes bobos qui vivent dans le 16e, je ne le supporte plus !” 

Christian Jacob et Marine Le Pen gagneraient pourtant à revoir leur “bobographie”. 6e, 7e, 8e, 16e, nos quartiers de prédilection ? Première nouvelle ! Tous ces arrondissements ont des maires… de droite. La caricature vise surtout à alimenter l’ancestrale aversion de certaines populations rurales à l’égard des privilégiés en ville. Bobos contre prolos, une division que l’on retrouve même dans la presse tunisienne commentant le renversement de Ben Ali. 

Farouchement opposés au bling-bling qu’ils exècrent, les bobos sont les nouveaux rois de Paris où ils ont couronné Bertrand Delanoë en 2001. Pourtant, à la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy, avec 50,19% des voix, y a devancé Ségolène Royal d’une courte tête. Rebelote aux dernières européennes, où l’UMP arrive en tête et fait mieux que dans le reste du pays. De quoi faire la peau du cliché du bobo écolo qui vote PS, Europe Ecologie ou MoDem ? Pas si sûr… Pourtant, lors d’une discussion au détour du marché Mouffetard avec Jean Tibéri, on sent bien la volonté de récupérer cet électorat. Les bobos envahissent tous les arrondissements, les uns après les autres. Il en sait quelque chose : ça lui a coûté son siège de maire de Paris. Mais si être bobo, c’est être à la recherche d’un certain art de vivre, vouloir plus de crèches, des couloirs de bus, un habitat urbain amélioré, des vélos, etc. En quoi est-ce incompatible avec ses valeurs ? Pour Jean Tibéri, c’est très clair : on peut être bobo et de droite. Ce qui pourrait s’avérer simple à l’échelle municipale lui pose un problème au niveau national : comment séduire ouvertement cet électorat grandissant sans heurter leurs bases rurales à l’aversion nourrie contre les bobos ? Pas sûr que la sortie de Christian Jacob arrange Chantal Jouanno qui se positionne pour 2014…

Bobo Bix