“Les règles de la tradition, les prêches de l’église, les discours de la République (…) traçaient ainsi une frontière nette entre la “normale attitude” et le comportement anormal, entre le conformisme et la rébellion, entre les mœurs bourgeoises et la vie bohème. Or, c’est précisément cette frontière qui a volé en éclat dans la foulée de la révolution de Mai 68. A partir des années 1970, ce sont les idéaux rock (Bob Dylan ou les Rolling Stones) et les pensées de la déconstruction (Foucault ou Deleuze) qui donnent le la. (…) Avec des effets spectaculaires : c’est que, peu à peu, la nouvelle classe dominante a pris le visage de la “bourgeoisie bohème”, raillée par les moralistes pour sa capacité à mixer les signes de la rébellion et le conformisme de la consommation.
Mais si les “bobos” obsèdent tant, c’est que leur confusion est aussi la nôtre. Vous savez, ce sentiment d’être toujours “trop” ou “pas assez”, de chercher une limite qui toujours nous échappe.”