Antiboboïstes primaires

Demain après-midi, l’UMP organise un débat sur la laïcité. Et pour ceux qui en contestent la pertinence en manifestant ou en boudant le débat, le parti de Jean-François Copé nous ressort un pathétique argument aussi gros que les ficelles utilisées par Sarkozy pour séduire les électeurs du FN, une semaine après la poussée des amis de Marine Le Pen aux élections cantonales. Tous les opposants à ce débat sur la laïcité sont … des bobos !

L’UMP tente de renommer la “gauche caviar” en “bobo” pour dénoncer une population plus large et en constante progression. Le but final de cette manip’ étant, comme toujours, d’opposer la France d’en bas à celle d’en haut (quitte à friser le ridicule, rappelez-vous!). Cette stratégie antibobo primaire est orchestrée par le prosarko Patrick Buisson, le conseiller politique de L’Elysée qui aime se frotter à l’extrême droite. Très discret, il a accepté de parler à Paris Match la semaine dernière et n’a pas masqué sa doctrine.

« Le mépris dans lequel la classe dirigeante (tient les “sans-grade”) a quelque chose de sidérant. Nos élites sont mues par une invraisemblable prolophobie dont elles n’ont parfois même pas conscience », a t-il déclaré à l’hebdomadaire. Pour lui, le front républicain avancé pour faire barrage au FN lors des élections, tout comme le programme du PS en général, et la posture de DSK en particulier, seraient l’incarnation, de cette coupure entre prolos et bobos. « Les impensés de la gauche sur la sécurité et l’immigration témoignent d’un déni persévérant de celle-ci face à l’expression de certaines souffrances sociales. » 

Cette pensée est régulièrement répétée par les roquets du Président (dont nous faisons part de chacune de leur sortie sur notre compte Twitter). Pourtant Buisson se trompe. Bien-sûr que les bobos votent écolo comme nous l’avions constaté aux dernières régionales.

Mais on peut être aussi bobo et de droite comme l’a écrit ici-même Bobo Bix il y a quelques semaines (la fameuse droite Zadig et Voltaire). Avec cette manip, Buisson aussi se coupe de la droite classique, bourgeoise, catholique qui n’aime pas ces débats nauséabonds. La majorité est au bord de l’implosion. Et, comme ses sympathisants, l’UMP est tenté de faire scission autour d’un candidat de droite modérée (ou centriste ce qui revient au même) plus en phase avec ses idées.

Bobo Ben