Habemus Cannes

“La qualité d’un film ne se mesure pas au nombre de billets vendus” a déclaré Gilles Jacob, ce matin, avant d’annoncer la sélection de la 64e édition du festival de Cannes. Une fois de plus, cette certaine vision du cinéma, exigeante et artistique, est âprement défendue par le plus grand festival du monde qui fait fi, du moins dans sa compétition, de toute compromission mercantile. Au risque de voir ce noble militantisme passer parfois pour du snobisme.
Ainsi, la sélection présentée ce matin est rigoureuse avec des cinéastes aussi austères que confirmés comme Alain Cavalier, les frères Dardenne, Aki Kaurismäki, Nuri Bilge Ceylan ou Lars von Trier qui aura tout de même la gentillesse de nous emmener notre icône Charlotte Gainsbourg. Il y a aussi son lot de cinéastes inconnus venus de pays plus ou moins lointains (Nicholas Winding Refn, Markus Schleinzer, Takashi Miike, Joseph Cedar, Naomi Kawase, etc.), qui nous réservent probablement quelques surprises.
On se rejouit de la sélection de Pedro Almodovar, le star du cinéma européen, avec La Piel que Habito (avec Antonio Banderas) et de Terrence Malick, cinéaste américain déjà légendaire, qui a la particularité de ne jamais s’exprimer devant une caméra (ça va être sympa s’il choppe un prix) et d’avoir attendu 20 ans pour se remettre pour refaire du cinéma après son film culte Les Moissons du ciel. The Tree of Life avec Brad Pitt et Sean Penn devrait être LA sensation de cette quinzaine. Sinon , en compétition on se félicite des sélections de Radu Mihaileanu, du brûlot Habemus Papam de Nanni Moretti (avec Michel Piccoli dans le rôle du Pape) et de Polisse de Maiwenn (dont la présence à Cannes de Polisse nous surprend tout de même beaucoup).
Les amateurs de cinéma grand-public se tourneront vers les films hors-compétition comme Pirates des Caraîbes 4 (avec Johnny Depp et Peneloppe Cruz), Le complexe du castor de la sublime et bobo Jodie Foster (avec le grassouillet et pas bobo Mel Gibson), du nouveau Woody Allen et, surtout, de La Conquête de Xavier Durringer sur les coulisses de l’élection de Sarkozy en 2007, qui devrait faire grincer des dents au Chateau. Un des films les plus attendus de cette sélection.
Bobo Ben