“La tendance bobo est le symptôme d’un pays aux prises avec deux traditions distinctes. L’élément bourgeois reflète la supériorité de la France dans à peu près tous les constituants d’une vie hédoniste. (…)
La partie bohème de la France leur rappelle que tous ces signes extérieurs sont superficiels. Que la vie doit également être en roue libre, spontanée. Cette combinaison de sensualité et d’austérité intellectuelle est l’un des grands héritages de la culture occidentale. Le français doit être fort et fier de ses racines bobos. Le reste du monde les hait pour cela, bien sûr. Mais tout ce qu’ils doivent faire, c’est allumer une autre cigarette, et souffler la fumée dans le visage jaloux.”
“Vive le boboisme !”, Peter Aspden, dans le Financial Times. Décidément toujours en avance, nous en apprenons plus sur la société française dans la presse anglo-saxonne que dans les médias francophones… Le phénomène bobo n’a pas échappé à leur vigilance puisqu’à après le New York Times et son papier sur l’obsession bobo de Paris, c’est le New York Magazine qui s’est intéressé au bobo-ism de Paris et a illustré les bobos. Et il y a quelques jours, c’est le très sérieux et réputé Financial Times qui livre cette tribune “Vive le boboisme”, plaidoyer pour ce mode de vie…
Le combe dans cette histoire ? Ces bobos, désormais si français et si symboliques de nos grandes villes, ont été inventés par les américains. Et notre “parrain”, David Brooks est récemment revenu sur eux : “Si vous voulez être rassurés sur l’avenir d’un pays, regardez les enfants des bobos”. Plus qu’un retour des bobos, c’est un retour en grâce. A tel point que jeudi dernier, Laurent Joffrin en dessinait les prémices hexagonaux, concluant son éditorial du Nouvel Obs par un “Vive les bobos !”
Bobo Bix