L’électro pop de Jolie Chérie
Une flûte de champagne au PMU ! Voilà comment le groupe Jolie Chérie définit sa musique lorsque nous les rencontrons dans un café tendance de la rue Montmartre, à défaut d’un PMU, autour d’une pression plutôt que d’une coupe : pas de doute, nous sommes entre bobos. Néanmoins, Etienne de Champfleury, l’un des membres du trio parisien electro-pop avec Mélina et Samir, s’en défend : “J’ai une certaine propension à devenir bobo mais il me manque la nana et le bébé ! Pour moi, le cliché bobo c’est le petit couple de trentenaire avec une poussette, rue des Abesses, et qui va bruncher… On serait plutôt des branchouilles de merde !” Et débuter en se faisant repérer par le label Kitsuné qui intègre le titre Star sur leur huitième compilation, cela laisse présager d’un haut niveau de hype !
Pourtant, on pense d’abord à Yelle… La faute à la frange de la chanteuse, Mélina, et au côté variété électro de leur musique. Eux-mêmes dans une précédente interview s’étaient définis comme du “Yelle alternatif”, depuis, ils prennent leurs distances : “notre production est plus travaillée que l’electro-pop de Yelle afin de plaire à un public plus indé”, tout en assumant parfaitement un certain côté gnagnan, “il y a un mélange de classe et pas classe”. Mélina revendique le fait de chanter en français, et pas seulement à cause de son “accent de merde”… “On veut faire une électro de qualité compréhensible, j’aime que ça raconte quelque chose, qu’il y ait une histoire, même si elle est simple.”

L’histoire de Jolie Chérie a débuté lorsqu’ils se sont rencontrés à l’université et sont devenus amis. Désormais trentenaires, ils bossent dans la pub et le marketing, mais veulent vivre de ce projet musical à l’avenir : “La musique pour la musique pure, on laisse ça aux mecs de 15 ans.” Mais on ne se refait pas, pour se faire connaître, ils filent des stickers ou les collent un peu partout dans Paris, avec ces mots dessus : essuietoi.com, tirelaporte.com, embrassezmoi.com, … Evidemment, tous ces liens mènent vers leur MySpace.
Dessus, on découvre une dizaine de titres, “tous accouchés dans la douleur”. L’objectif est d’en obtenir une quinzaine afin d’avoir les bases pour travailler sur un premier album et surtout faire de la scène, désormais épaulés par le même manager que SomethingALaMode. Récemment, ils se produisaient au Troisième Lieu et à Bagatelle, rêvent du Social, ou pourquoi pas, un jour, la Cigale… au pied des Abesses justement. Et ça ne se dit pas bobo ?
Bobo Bix