La rentrée des classes (sociales)
Nous sommes partis en vacances lessivés et, comme d’habitude, nous avons vite eu le mal du Paris. Son effervescence nous a manqué. Après cette longue coupure estivale, nous sommes contents d’être rentrés dans notre ville et d’avoir retrouvé nos petites habitudes de bobos de merde. Nous avons tellement profité de cette contrée lointaine où tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté, que nous sommes remontés à bloc. Reposés pour au moins trois mois.
C’est avec une joie surprenante (presque égale à celle ressentie lors de notre départ) que j’ai donc atterri à Orly il y a quelques jours. Ravi de retrouver mon petit deux pièces près du canal, une connexion internet digne de ce nom, mon abonnement à Libé, ma garde à robe, etc.
Quand d’autres sont en mode “école” ou “galère de fric entre les imprévus des vacances et le troisième tiers”, la rentrée de notre classe est agréable. Se ruer dans les salles pour profiter d’une rentrée ciné alléchante (le nouvel Almodovar est formidable, on vous le conseille) ; dévaliser frénétiquement les librairies pour se plonger dans la rentrée littéraire ; bruncher avec ses amis bronzés ou palots (selon qu’ils sont partis ou restés sous la pluie) pour raconter nos étés ; et retrouver ce putain de velib’ (il va quand même falloir investir dans un fixie).
C’est quand même fou, me suis-je dit hier en pédalant rue de la Roquette, qu’à force d’emprunter toutes les rues en sens interdit, la ville ait fini à adapter sa signalisation aux vélos. Les cyclistes ont désormais le droit de prendre quasiment toutes les rues dans le sens qu’ils veulent. Et c’est assez emblématique de la liberté et d’un certain je-m’en-foutisme que chérissent les bobos qui vivent en se foutant bien des autres. In fine, ils imposent toujours leur façon de vivre (et de conduire) à l’ensemble de la société. Et nous ne comptons pas nous arrêter cette année. Nous espérons donc que votre rentrée sera aussi futile que la notre. Que l’esprit bobo soit avec vous.
Bobo Ben