A Marseille-la-cagole, les bobos font de la résistance
On a pourtant cherché partout. On a fait le tour le Vieux Port, longé la Canebière. Nous nous sommes baladé à Noailles, dans le quartier du Panier, à Le Canet, à Bonneveine et même sur la plage des Catalans. On est même monté à Notre-Dame-de-la-Garde et au fort Saint-Nicolas. En vain.
A part quelques touristes en transit à Saint-Charles ou des voyageurs égarés cherchant désespérément l’embarcadère du ferry pour Bastia, nous n’avons pas trouvé de bobos à Marseille… Par contre qu’est ce qu’on a croisé comme maillots de l’OM, gourmettes plaqué argent et jambes droites de survet’ coincés dans la chaussette…
Bref, vous l’avez compris, dans le tour de France des bobos on se devait de faire une une étape à Marseille… Mais rien à faire, telle le village d’Astérix, Marseille résiste encore et toujours au boboïsme qui occupe pourtant tout le reste de la Gaule. Pourtant le cosmopolitisme de Marseille pourrait être un terreau fertile pour notre caste. Mais non Marseille la bling-bling reste le paradis des cagoles. Une contrée enkystée dans une beaufitude assumée que nous savons perdue pour toujours.
Pas étonnant que ce week-end, une horde de militants UMP hystériques ait choisi ce lieu pour s’autocongratuler du bilan de la majorité présidentielle qui pense pouvoir imposer la rigueur budgétaire en votant des cadeaux fiscaux aux plus riches et régler l’insécurité en montant les minorités les unes contre les autres… Ce parti inique, suffisant et sans vision, véhiculant des idées d’un autre âge, a trouvé refuge dans le temple du mauvais goût. L’effet miroir est saisissant !
Désolé chers lecteurs stylés : nous ne pouvons donc pas vous conseiller des repaires à Marseille car les quelques irréductibles bobos marseillais se réunissent en cachette (que ce soit à la Friche, aux docks des suds, sur le cours d’Estienne d’Orves ou au cours Julien). Épuisés par des années de clandestinité, ces résistants finissent toujours par s’installer à Lyon, Aix en Provence, à Avignon, à Porquerolles, en Corse ou dans le Luberon, qui pour le coup sont bien plus raccords avec notre esprit frondeur (et notre mauvaise foi) de sales bobos de merde. En espérant que le pour l’instant chaotique projet de Marseille Provence capitale européenne de la culture en 2013 change le visage de la ville en créant tout un tas de lieux branchés comme ce fut le cas à Lille. Nous le souhaitons tous ardemment.
Bobo Ben en voie de zemmourisation