L'invité d'Inter 01.04.2010 - Radio France

L'invité d'Inter 01.04.2010

by Radio France
album France Inter - L'invité d'Inter

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N’allez surtout pas croire que nous ne faisons que sortir ! Sous notre air futile, on réfléchit tout de même à la satanée époque dans laquelle nous vivons. L’autre jour nous discutions Bix’ et moi du fait que le cinéma américain avait pris énormément de place dans notre vie culturelle. Seuls les cinéastes de Los Angeles semblent désormais capables de réaliser des grands films : spectaculaires, bien filmés et tout de même intelligents. Last but not least, leurs films parlent à la planète entière. En effet, de Los Angeles à Paris, en passant par Tokyo, Rio ou Johannesburg, le public se rue sur le dernier Spider Man, des enfants de toutes les couleurs s’extasient devant les Pixar et toutes les adolescents du monde se sont éclatés devant le “trop génial” (mais pas très malin) Avatar.

En produisant ce genre de cinéma à la chaîne, les ‘ricain réussissent ainsi à exporter leur culture. Là où les Français, et notamment les élites, étaient depuis longtemps très hostiles à ces blockbusters, aujourd’hui le maintream est devenu plus chic. Et de plus en plus de bobos parisiens voir dans leurs MK2 les mêmes grosses productions que les Caennais à l‘UGC Ciné Cité Mondeville. Et le cinéma français, aussi subtile soit-il, doit se remettre en question face à cette déferlante venue de l’ouest à laquelle il peine à résister. Quant au cinéma des autres pays, il devient de plus en plus difficile de le voir chez nous… Si chaque pays garde son cinéma local, celui-ci n’arrive plus à s’exporter devant la puissance de la culture de masse américaine.

Tout cela pour vous dire que Frédéric Martel, un journaliste qui présente l’excellente émission autour des médias sur France Culture, réfléchit à tout cela depuis plusieurs années. Il vient de sortir un livre chez Flammarion intitulé Mainstream, enquête sur cette culture qui plait à tout le monde. Un essai dont tout le monde parle ces jours-ci tant sur France Inter (Frédéric Martel était l’invité du 6/9 hier jeudi et le son est ci-joint) ou dans la presse et notamment dans les Inrocks qui fait cette semaine un numéro spécial sur le sujet. Martel analyse l’ensemble de la domination américaine dans l’industrie culturelle (cinéma, musique, séries tv, jeux vidéos, etc.)

Un essai qui fait réfléchir sur l’économie culturelle américaine, sur son influence (tout le monde adopte ses codes) et les conséquences qu’elle a sur la culture de notre pays et sur celles de nos voisins. Ce livre fait réaliser qu’une guerre culturelle est en cours et nous en sommes les soldats. C’est à nous de résister ou, à défaut, de consommer en conscience. Un sujet tout simplement passionnant.

Bobo Ben

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Les auditeurs de France Culture viennent souvent sur notre chaîne pour ne pas entendre parler de culture de masse, de Disney, d’entertainment, de Lady Gaga et autre Jean-Marc Morandini. Alors, selon vous, Jean-Marc Morandini, pourquoi nos auditeurs vous détestent-ils ?

Première question de Frédéric Martel, le présentateur de Masse critique, l’émission médias de France culture, à son invité d’hier Jean-Marc Morandini. L’émission, dans laquelle il y a eu plusieurs clashs, est réécoutable ici.
France Culture - Arnaud Fleurent-Didier

France Culture

by Arnaud Fleurent-Didier
album France Culture - Single de la semaine

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On n’est évidemment pas passé à côté de France Culture d’Arnaud Fleurent-Didier. Sorti en décembre (dans l’album La Reproduction), ce morceau émoustille les bobos du net depuis quelques jours (puisque iTunes le propose en téléchargement gratuit cette semaine via la page Facebook de la plateforme).

Sous une musique électro calme, minimaliste mais travaillée (en un mot chic), qui apporte une forte nostalgie au titre, Arnaud Fleurent-Didier résume avec une implacable tendresse l’éducation simple, voire insignifiante que lui ont donnée ses parents.

Malgré cet héritage familial sans hauteur ni ambition, il a tout de même pu se forger une identité forte et cela grâce, on l’imagine, à France Q dont le nom n’apparait que dans le titre (à moins qu’il ne se soit formaté intellectuellement si on juge le texte totalement snob). Il image sa culture en faisant la liste des choses apprises par ses parents ou par d’autres dans un long name-dropping qui rappelle évidemment Vincent Delerm, grand spécialiste du genre.

Un morceau que l’on vous conseille vivement d’écouter et qui fera forcément remonter des choses en vous.

Bobo Ben

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