Bobodemerde
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C’est comme s’ils n’attendaient que ça depuis leur premier jean A.P.C. ! Un climat d’euphorie régnait hier soir à La Cigale pour la première scène parisienne de Charlotte Gainsbourg. Un climat très chaleureux qui a semblé déstabiliser la chanteuse elle-même, peu habituée à tant d’effusions : “Je ne suis pas très bavarde, vous ne m’en voulez pas ?”. Évidemment, personne ne lui en voulait : pour les centaines de bobos présents, Charlotte Gainsbourg n’était pas très loin du Messie, fille d’un Dieu fumeur de havanes…
On lui pardonnerait tout à Charlotte, même ses tâtonnements sur les premières chansons, plus expérimentales et sur lesquelles elle a du mal à poser sa voix : l’inconvénient des titres sur-produits qui peinent à exister en live. Et malgré cela, c’est un tonnerre d’applaudissements qui explose à la fin de chaque chanson… On la sent à la fois touchée mais aussi gênée par tant de reconnaissance. A l’instar de sa voix, la présence de Charlotte est aérienne, agréablement mise en valeur par un parfait jeu de lumières au milieu d’un décor de néons et d’écrans. Elle finit par parler, se félicite d’avoir travaillé avec Air et Beck mais se réjouit surtout de pouvoir piocher dans le répertoire “du plus grand, du plus beau, du meilleur” : son père, dont elle reprend avec un plaisir évident Hôtel Particulier, puis plus tard, en guise de dernier rappel, Couleur Café. Assez paradoxalement, alors qu’elle a longtemps hésité à se lancer dans la chanson du fait du lourd héritage paternel, c’est dans le répertoire de Serge Gainsbourg qu’elle se libère et où on la sent la plus épanouie.
C’est seulement lors des deux rappels qu’elle réussit à transformer la chaleur d’un public, pourtant chauffé à blanc, en énergie dansante. Un public qui en aurait volontiers redemandé…
Bobo Bix

Prochains concerts à Bruxelles le 19 juin, à Londres le 22 juin, aux Nuits de Fourvière à Lyon le 24 juin, à Paris (La Cigale) les 8 et 9 juillet et en tournée en France et Europe.

N’hésitez pas non plus à jeter un oeil sur les superbes photos de Nicolas Auproux sur Soul Kitchen prises lors du concert de Charlotte Gainsbourg à Clermont-Ferrand.

C’est comme s’ils n’attendaient que ça depuis leur premier jean A.P.C. ! Un climat d’euphorie régnait hier soir à La Cigale pour la première scène parisienne de Charlotte Gainsbourg. Un climat très chaleureux qui a semblé déstabiliser la chanteuse elle-même, peu habituée à tant d’effusions : “Je ne suis pas très bavarde, vous ne m’en voulez pas ?”. Évidemment, personne ne lui en voulait : pour les centaines de bobos présents, Charlotte Gainsbourg n’était pas très loin du Messie, fille d’un Dieu fumeur de havanes…

On lui pardonnerait tout à Charlotte, même ses tâtonnements sur les premières chansons, plus expérimentales et sur lesquelles elle a du mal à poser sa voix : l’inconvénient des titres sur-produits qui peinent à exister en live. Et malgré cela, c’est un tonnerre d’applaudissements qui explose à la fin de chaque chanson… On la sent à la fois touchée mais aussi gênée par tant de reconnaissance. A l’instar de sa voix, la présence de Charlotte est aérienne, agréablement mise en valeur par un parfait jeu de lumières au milieu d’un décor de néons et d’écrans. Elle finit par parler, se félicite d’avoir travaillé avec Air et Beck mais se réjouit surtout de pouvoir piocher dans le répertoire “du plus grand, du plus beau, du meilleur” : son père, dont elle reprend avec un plaisir évident Hôtel Particulier, puis plus tard, en guise de dernier rappel, Couleur Café. Assez paradoxalement, alors qu’elle a longtemps hésité à se lancer dans la chanson du fait du lourd héritage paternel, c’est dans le répertoire de Serge Gainsbourg qu’elle se libère et où on la sent la plus épanouie.

C’est seulement lors des deux rappels qu’elle réussit à transformer la chaleur d’un public, pourtant chauffé à blanc, en énergie dansante. Un public qui en aurait volontiers redemandé…

Bobo Bix

Prochains concerts à Bruxelles le 19 juin, à Londres le 22 juin, aux Nuits de Fourvière à Lyon le 24 juin, à Paris (La Cigale) les 8 et 9 juillet et en tournée en France et Europe.

N’hésitez pas non plus à jeter un oeil sur les superbes photos de Nicolas Auproux sur Soul Kitchen prises lors du concert de Charlotte Gainsbourg à Clermont-Ferrand.

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Je ne sais pas pourquoi les actrices deviennent toujours de bonnes chanteuses, et les chanteurs se révèlent souvent bons acteurs. Depuis 1939, où la jeune Judy  Garland chantait le légendaire Over the Rainbow dans le Magicien d’Oz (au tout début de l’ère des comédies musicales), on a l’habitude de voir des artistes mener double carrière. De Barbra Streisand à Frank Sinatra ou de Julie Andrews à Liza Minnelli ou plus récemment, l’industrie hollywoodienne a toujours su créer des stars qui excellent dans les deux domaines. Des comédiens devenus grâce à cela hyper-populaires.
Contrairement à une idée reçue, la France n’est pas en reste. Mais, grosse différence avec les USA, les actrices qui chantent passent ici pour des femmes branchées et sont uniquement adulées chez les bobos que nous sommes. Ici les comédies musicales sont moins prisées même si elles ont tout de même permis quelques belles prestations – souvenez vous que Catherine Deneuve a fait appel à une doublure vocale pour les films de Jacques Demy (Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort ou Peau d’âne). On préfère depuis toujours les Jeanne Moreau, Yves Montand ou Danielle Darrieux qui ont toujours enregistré des chansons en marge de leur films (voire dedans).
C’est le grand Serge Gainsbourg (dont on vous débriefera très vite de la Vie héroïque) qui a institutionnalisé cette mode en faisant chanter toutes les actrices qu’il avait sous la main : Bardot, Birkin, Paradis et Isabelle Adjani qui dans un état proche de l’Ohio a touché le fond la piscine.
Cette tendance magnifiée par le grand Serge a repris de plus belle ces dernières années sous le haut patronage de sa propre fille. Le succès critique et image de 5.55 puis de IRM de l’icône Charlotte ont poussé pléthore de comédiennes à prendre le micro.  Dernièrement on a vu Emmanuelle Seigner (la femme de qui-vous-savez) signer Dingue, un titre décalé servi par un clip loufoque, tout aussi vintage que celui de Beau oui comme Bowie d’Adjani.
Mais ce mois-ci, les cinéphiles-mélomanes n’ont d’yeux que pour Isabelle Carré. Pour son dernier film Le Refuge de François Ozon, le réalisateur a demandé à la comédienne de poser son frêle timbre sur la bande-originale dans un très beau duo avec Louis-Ronan Choisy. Un procédé qui marche toujours pour rameuter nous autres petits péteux dans les salles obscures de notre MK2 préféré, celui Quai de Seine bien entendu !








Bobo Ben

Je ne sais pas pourquoi les actrices deviennent toujours de bonnes chanteuses, et les chanteurs se révèlent souvent bons acteurs. Depuis 1939, où la jeune Judy Garland chantait le légendaire Over the Rainbow dans le Magicien d’Oz (au tout début de l’ère des comédies musicales), on a l’habitude de voir des artistes mener double carrière. De Barbra Streisand à Frank Sinatra ou de Julie Andrews à Liza Minnelli ou plus récemment, l’industrie hollywoodienne a toujours su créer des stars qui excellent dans les deux domaines. Des comédiens devenus grâce à cela hyper-populaires.

Contrairement à une idée reçue, la France n’est pas en reste. Mais, grosse différence avec les USA, les actrices qui chantent passent ici pour des femmes branchées et sont uniquement adulées chez les bobos que nous sommes. Ici les comédies musicales sont moins prisées même si elles ont tout de même permis quelques belles prestations – souvenez vous que Catherine Deneuve a fait appel à une doublure vocale pour les films de Jacques Demy (Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort ou Peau d’âne). On préfère depuis toujours les Jeanne Moreau, Yves Montand ou Danielle Darrieux qui ont toujours enregistré des chansons en marge de leur films (voire dedans).

C’est le grand Serge Gainsbourg (dont on vous débriefera très vite de la Vie héroïque) qui a institutionnalisé cette mode en faisant chanter toutes les actrices qu’il avait sous la main : Bardot, Birkin, Paradis et Isabelle Adjani qui dans un état proche de l’Ohio a touché le fond la piscine.

Cette tendance magnifiée par le grand Serge a repris de plus belle ces dernières années sous le haut patronage de sa propre fille. Le succès critique et image de 5.55 puis de IRM de l’icône Charlotte ont poussé pléthore de comédiennes à prendre le micro. Dernièrement on a vu Emmanuelle Seigner (la femme de qui-vous-savez) signer Dingue, un titre décalé servi par un clip loufoque, tout aussi vintage que celui de Beau oui comme Bowie d’Adjani.

Mais ce mois-ci, les cinéphiles-mélomanes n’ont d’yeux que pour Isabelle Carré. Pour son dernier film Le Refuge de François Ozon, le réalisateur a demandé à la comédienne de poser son frêle timbre sur la bande-originale dans un très beau duo avec Louis-Ronan Choisy. Un procédé qui marche toujours pour rameuter nous autres petits péteux dans les salles obscures de notre MK2 préféré, celui Quai de Seine bien entendu !

Bobo Ben