Tags
11 billets comportant le tag culture
11 billets comportant le tag culture
Ce soir, les rues de France seront aussi inaudibles et beaufs que l’émission X FActor. Pour nous autres qui fêtons la musique toute l’année, cette soirée va être éprouvante car contrairement à Jack Lang, qui a inventé cette fête, nous ne pensons pas qu’un musicien sommeille en chacun de nous… On pense même qu’il faudrait interdire guitares, batteries et flutes à bec aux non-professionnels !
A vous autres abrutis courageux qui allez en vain arpenter les rues de votre ville, la bière à la main, à la recherche d’un groupe de musique potable pour fêter dignement l’été, nous vous offrons cette horrible vidéo à la gloire de la musique amateur.
Comme chaque année nous snoberons ce rassemblement populaire pour écouter de la vraie et bonne musique chez nous (à l’abri de la pluie) en espérant que le bar sous notre fenêtre n’ait convié ni fanfare ni rockers… A moins qu’un excellent artiste soit programmé dans un endroit d’exception…
Bon courage pour cette pénible soirée les bobos, nous sommes solidaires avec vous…
Bobo Ben
C’est ça la France.
Favorite. La France est favorite. Amaury Vassili est en tête de tous les pronostiques pour le concours Eurovision 2011 qui a lieu ce soir. Ce petit minet imberbe de 21 ans pourrait l’emporter et devenir, 34 ans après Marie Myriam, le chanteur français le plus connu d’Europe… Enfin au moins jusqu’à dimanche matin…
Sognu, le titre qu’il va chanter, rappelle les pires heures de cette insupportable variété lyrique portée au pinacle par Florent Pagny ou Andrea Bocelli (que son aveuglement poussa jusqu’au plateau de la Star Ac’). Chanté en langue corse, ce titre incarne un régionalisme suranné et beauf qui estomaque nous autres iconoclastes. La sélection d’Amaury Vassili a dû faire hurler le Nouvel Obs qui, il y a peu, avait accusé Nolwenn Leroy de représenter «l’image de la France rurale, l’image de la France des terroirs et des territoires» (citation du député UMP Christian Jacob) avec son album Bretonne, incompréhensible succès de ce début d’année qui s’ajoute à celui encore plus flippant du film de Dany Boon, Rien à déclarer.
Afin que le peuple d’Europe n’ait pas cette image de la création et de la scène française, prions pour qu’un groupe de zombis finlandais ne viennent lui piquer cette victoire promise ! Et que l’année prochaine, notre beau pays envoie Brigitte Fontaine faire la conne chanter et montrer que les Français sont plus marrant que ce petit puceau tout droit sorti de Les Choristes.
De toute façon un bon bobo boycotte un concours aussi kitsch que ringard qui a fait naître le pire de la chanson mondiale à savoir ABBA et Céline Dion. Vous devriez, comme nous, trouver assez facilement quelque chose de plus palpitant à faire !
Bon week-end, bande de bobos !
Bobo Ben.
Métamorphosée par sa révolution culturelle, Lille s’embourgeoise
Pour mettre à mal notre votre parisianisme, nous vous proposons désormais chaque dimanche un petit tour en Province. Car, oui, il y a des bobos hors de Paris ! La preuve aujourd’hui avec une petite visite à Lille, par notre “correspondant” Mathieu Denis.
L’incompréhensible succès de «Bienvenue chez les Ch’tis» a donné une bien caricaturale image du Nord. Pourtant Lille n’est plus le berceau de la pauvreté, de l’alcoolisme, du chômage, de la pédophilie et du K-Way rouge. Depuis 2004, la ville s’est métamorphosée, attirant bon nombre de bobos !
Oubliez donc les corons de Pierre Bachelet et tous les autres clichés sur notre région ! Aussi étonnant que cela puisse vous paraitre, Lille est en pleine phase de boboïsation. La preuve, les Vélille débarqueront le 15 septembre 2011 ! Certes Martine nous a fait attendre 5 ans pour adopter les vélos en libre service mais ils seront beaucoup plus sexys que leurs cousins parisiens avec leur look noir et rouge et leur ligne épurée !
Comme à Paris, la migration bobo s’effectue sous l’impulsion du marché de l’immobilier, en nette en hausse. Dans le quartier historique du Vieux-Lille, les immeubles de cachet et les petites rues pavées séduisent de plus en plus de jeunes couples. Dans le quartier populaire de Wazemmes, certains anciens bâtiments industriels sont transformés en lofts, mêlant ainsi populations d’origine étrangère et bourgeois.
La partie nord du centre ville comme le quartier jouxtant la basilique Notre-Dame de la Treille (avec son joli petit marché), la rue Royale et ses boutiques luxueuses jusqu’à l’avenue du Peuple-Belge sont emplis de pièges à bobos. Au pieds d’immeubles anciens, pullulent des bars branchés (Le So Lounge, Le Bar Parallèle), des restaurants et autres boutiques du quartier. A ce propos, je défais une idée reçue, nous avons bien évidemment les mêmes boutiques qu’à Paris. L’alphabet complet des enseignes est représenté du A de APC au Z final de Zadig & Voltaire !
La renaissance culturelle
2004 c’est l’année de l’hécatombe. Décès de Claude Nougaro, Ray Charles, Marlon Brando, Françoise Sagan, etc. Pour Lille, ce fut l’année de la renaissance avec le titre de capitale européenne de la culture. Afin de briser l’image du no man’s land culturel, Lille a réhabilité pléthore de ses bâtiments pour dynamiser ses quartiers. Les maisons folie de Wazemmes, les Moulins ainsi que la Gare Saint Sauveur ont été repensés pour devenir des temples culturels.
A deux pas de la gare Lille Flandres, le Tri Postal est LE lieu d’exposition d’arts contemporains. En 2007, elle accueillait une partie des œuvres de François Pinault et cet hiver la collection de la Saatchi Gallery de Londres. Elle nous laisse croire que les meilleures expos n’ont plus lieu dans la capitale.
Pour ne pas laisser retomber le souffle de 2004, la municipalité a créé le label Lille 3000 qui compile les grandes expositions, des spectacles vivant, des métamorphoses urbaines… Véritable carrefour des arts, la ville accueillait fin mars la quatrième édition de Lille Art Fair, sa foire européenne d’art contemporain. Lille remporte ainsi son pari, celui d’inviter les gens à la découverte des cultures, par le biais d’artistes contemporains tout en rassemblant dans ces lieux les différentes classes sociales.
Les bobos investissent la ville
Dans le parc de la citadelle de Vauban (trois fois plus grand que les Buttes de Chaumont, bande de snobinards !), ils pique-niquent entre amis (quand la météo le permet), font un jogging revigorant ou une ballade en amoureux ! Un lieu qui n’a pas a rougir devant central park. Quand la pluie s’invite sur les pavés, leur carte UGC illimité leur permette en autre d’accéder aux deux salles de cinéma d’arts et d’essai, (le Métropole et le Majestic) qui outre la programmation de base permet de voir et revoir des classiques du cinéma et d’en débattre après autour d’un latte et d’un muffin au Notting Hill Coffee (notre Starbucks à nous) grâce à l’association Plan séquence.
A Lille, le célèbre dilemme de la chemise Sandro de Bobo Ben est vécu par tous tant il y a d’endroits gourmands à visiter. Chez Meert, on déguste autour d’un thé la fameuse gaufre à la vanille de Madagascar, aux Merveilleux de Fred on craque pour le cœur de meringue enrobé de crème fouettée au chocolat/spéculos , à moins que vous ne privilégiez les incroyables desserts & macarons de Patrick Hermand plus légers pour votre ligne…
La rue de Gand, elle, regorge de restaurants : des deux fourchettes au Michelin du Why Not aux généreuses tartines de L’Arrière pays. Mais au retour du soleil, on aime lézardé sur la terrasse du Basilic Café, depuis cet été l’endroit reçois maman et bébé l’après-midi pour des ateliers, conférences, shoppings.
Des adresses à ne pas manquer pour tout bobo en visite à Lille. Vous y retrouverez vos repères comme si vous n’étiez pas sorti de la rue de Bretagne. Et vous réaliserez que les nordistes ne se réduisent pas aux affligeants participants de Confessions Intimes !
Mathieu Denis
Les bobos repères
- Un salon de thé/brunch: Tous les Jours Dimanche
- Une boutique : The Room
- Un restaurant : le Oui
- Un Bar: Le 28 Thiers
- Hôtel/Maison d’hôte: La maison Théodore & La Maison Carrée.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Kubrick (sans jamais oser le demander)
Douze ans après son décès, Stanley Kubrick, cinéaste aussi étrange que perfectionniste, est l’objet d’une très belle rétrospective à la Cinémathèque. En plus de la projection de son oeuvre complète, une passionnante exposition (que vous pourrez voir jusqu’au 31 juillet) revient sur une incroyable filmographie qui compte quasiment que des chefs d’oeuvre : Les Sentiers de la gloire, Lolita, Docteur Folamour, 2001, l’Odyssée de l’espace, Orange mécanique, Barry Lyndon, Shining, Full Metal Jacket, Eyes wide Shut, etc.
Chaque film à le droit à une salle (plus ou moins grande selon l’importance du film) qui propose des photos de tournage, des extraits, des éléments de décors, accessoires (les haches de Shining), maquettes, quelques costumes (ah le singe de 2001) et, plus intéressant, tous les travaux préparatoires (repérages, études d’effets spéciaux, échange de courriers avec Nabokov pour Lolita, etc.).
On s’amuse aussi en relisant les reproductions des coupures de presse très critiques (surtout lors de la sortie d’Orange Mécanique) qui rappellent que le cinéaste aujourd’hui culte était loin de faire l’unanimité à l’époque. Une division que souligne aussi une vitrine dans laquelle siège l’unique Oscar obtenu par Kubrick pour … les effets spéciaux de 2001 (malgré 4 nominations dans la catégorie meilleur réalisateur) !
Autre point fort de cette exposition, des images des premiers court-métrages de Kubrick ainsi que de son premier long Fear and Desire dont le cinéaste a interdit la circulation et qui demeure aujourd’hui introuvable. Au deuxième étage, on revient sur le début de carrière de Kubrick comme photographe ainsi que ses projets avortés dont A.I. (réalisé après sa disparition par Spielberg) et ses études très poussées pour des films abandonnés sur la Shoah ou sur Napoleon.
Bref, qu’on soit fan ou pas du maestro, les cinéphiles apprécieront cette plongée dans le cerveau passionné et passionnant d’un cinéaste unique. On vous recommande donc vivement d’aller faire un tour à la Cinémathèque et de ne surtout pas oublier de finir par un petit tour dans la librairie qui regroupe pléthore de DVD de films rares !
Bobo Ben
Je l’avoue cet été j’ai cédé à l’appel du Mainstream (comme le dit le camarade Frédéric Martel). Je suis allé voir des blockbusters au cinéma ! Non pas pour me frotter à la populace qui squatte les multiplexes des grandes villes ou, pire, les petites salles des stations balnéaires. Non, je suis délibérément allé dans mon MK2 préféré voir Inception puis Toy Stoy 3, deux des plus gros succès de l’été.
J’ai beaucoup aimé ces deux films qui prouvent une fois de plus que le cinéma américain est capable de faire des films ultra grands-public, avec des moyens considérables, rythmés, à vocation internationale mais qui n’oublient pas d’avoir un scénario intelligent, de provoquer de l’émotion et de faire rêver. Deux films qui démontrent une fois de plus que tout ce qui sort de la tête de Christopher Nolan ou des studio Pixar frôlent le génie.
Ces deux films m’ont donc donné envie de cinéma. J’ai donc profité de la grisaille d’août pour retrouver ce bon vieux cinéma d’auteur qui a assurément plus besoin de mes 10 euros la séance que ceux sortis des majors américaines que je peux télécharger illégalement en toute impunité (avant qu’Hadopi ne m’envoie son ****** de mail d’avertissement).
Je suis donc allé voir le poétique L’Arbre de Julie Bertucelli et le violent The Killer inside me de Michael Winterbottom. Même si j’ai moins aimé le second, ces deux œuvres m’ont tout de même rassuré : avec des petits moyens on peut signer des films scotchant !
Avec la rentrée viennent les bonnes résolutions. Je me promets donc de fréquenter ma salle de quartier et allé voir les films primés à Cannes qui sortent ces jours-ci. A commencer par la palme Oncle Boonmee du cinéaste Thaïlandais au nom imprononçable. Sans grand enthousiasme vu les critiques très négatives.
En revanche je ne regrette pas du tout d’être aller voir Des Hommes et des Dieux. J’ai eu la chance d’aller cette semaine à une avant-première de ce film très touchant. Assez lent, il parle plus de la foi que du massacre des moines de Tibhirine qui sert de toile de fond. Xavier Beauvois ne cherche pas à pointer les responsables de ce carnage mais veut comprendre la motivation de ces moines qui ont fait route plus ou moins consciemment vers le martyr. Vraiment fascinant. Les comédiens (dont Lambert Wilson et Michael Lonsdale en tête) sont époustouflants. Un des meilleurs films qu’il m’ait été donné de voir cette année.
Je vous conseille donc vivement Des Hommes et des Dieux entre la séance de Piranha 3D et celle de Potiche (car je ne vais pas faire mon cinéphile austère je vais aussi me précipiter regarder ces deux comédies).
Bobo Ben

by Radio France
album France Inter - L'invité d'Inter
![]()
N’allez surtout pas croire que nous ne faisons que sortir ! Sous notre air futile, on réfléchit tout de même à la satanée époque dans laquelle nous vivons. L’autre jour nous discutions Bix’ et moi du fait que le cinéma américain avait pris énormément de place dans notre vie culturelle. Seuls les cinéastes de Los Angeles semblent désormais capables de réaliser des grands films : spectaculaires, bien filmés et tout de même intelligents. Last but not least, leurs films parlent à la planète entière. En effet, de Los Angeles à Paris, en passant par Tokyo, Rio ou Johannesburg, le public se rue sur le dernier Spider Man, des enfants de toutes les couleurs s’extasient devant les Pixar et toutes les adolescents du monde se sont éclatés devant le “trop génial” (mais pas très malin) Avatar.
En produisant ce genre de cinéma à la chaîne, les ‘ricain réussissent ainsi à exporter leur culture. Là où les Français, et notamment les élites, étaient depuis longtemps très hostiles à ces blockbusters, aujourd’hui le maintream est devenu plus chic. Et de plus en plus de bobos parisiens voir dans leurs MK2 les mêmes grosses productions que les Caennais à l‘UGC Ciné Cité Mondeville. Et le cinéma français, aussi subtile soit-il, doit se remettre en question face à cette déferlante venue de l’ouest à laquelle il peine à résister. Quant au cinéma des autres pays, il devient de plus en plus difficile de le voir chez nous… Si chaque pays garde son cinéma local, celui-ci n’arrive plus à s’exporter devant la puissance de la culture de masse américaine.
Tout cela pour vous dire que Frédéric Martel, un journaliste qui présente l’excellente émission autour des médias sur France Culture, réfléchit à tout cela depuis plusieurs années. Il vient de sortir un livre chez Flammarion intitulé Mainstream, enquête sur cette culture qui plait à tout le monde. Un essai dont tout le monde parle ces jours-ci tant sur France Inter (Frédéric Martel était l’invité du 6/9 hier jeudi et le son est ci-joint) ou dans la presse et notamment dans les Inrocks qui fait cette semaine un numéro spécial sur le sujet. Martel analyse l’ensemble de la domination américaine dans l’industrie culturelle (cinéma, musique, séries tv, jeux vidéos, etc.)
Un essai qui fait réfléchir sur l’économie culturelle américaine, sur son influence (tout le monde adopte ses codes) et les conséquences qu’elle a sur la culture de notre pays et sur celles de nos voisins. Ce livre fait réaliser qu’une guerre culturelle est en cours et nous en sommes les soldats. C’est à nous de résister ou, à défaut, de consommer en conscience. Un sujet tout simplement passionnant.

Bobo Ben
50 lectures
Sauvée par la grâce. Telle est la traduction de Layori, diminutif du deuxième prénom de cette chanteuse née au Nigéria, dont le premier album, Origin, est attendu pour le 29 mars. Dans un disque chanté principalement en anglais, Layori raconte un voyage, le sien, de ses origines africaines à ses pérégrinations aux 4 coins de la planète : New-York, Londres, Lisbonne, Munich.

Comparée à Sade, elle aussi yoruba, elle l’explique par ce tremblement dans leur voix typique de leurs origines. Pour son premier single, on découvre avec délice le titre Dada, chanté en yoruba et accompagné d’un clip sublime, qui ne peut que nous réchauffer ces jours-ci. Sauvés par la grâce, c’est nous qui le sommes…
Bobo Bix
Je ne sais pas pourquoi ce long et rigoureux hiver est au centre de toutes les conversations de la France d’en-bas. Nous autres savons oublier la froideur ambiante en menant une vie de patachon dans le si animé Paris-by-night (comme disent les gros ploucs) ou en planifiant des virées à l’étranger pour mettre dans nos yeux le bleu qui manque à notre décor (oui oui je viens de citer Enrico Macias). Nous divertir par la futilité nous permet d’éviter de parler du temps qu’il fait !
Une introduction totalement hors-sujet pour expliquer (sans pour autant excuser) pourquoi ce blog a été peu mis à jour ce week-end et pour faire une ode au superflu. Vos deux bobos préférés ont craqué pour le dernier single de Alain Chamfort : A la droite de Dior issue d’un bel album (sorti le 8 février) qui rend grâce à … Yves Saint-Laurent ! Cette charmante petite ballade chic et pop tourne en boucle dans nos Iphones respectifs. Un Dior qu’on adooooore !
Bobo Ben

Depuis jeudi dernier, Isabelle Huppert joue tous les soirs, pendant deux mois, Un tramway nommé désir, une pièce absolument somptueuse de Tennesse Williams dont on ne dira jamais assez qu’il est le meilleur dramaturge du XXe siècle. A L’Odéon (dit théâtre de l’Europe), la comédienne reprend le rôle de Blanche DuBois immortalisé en 1951 par Vivien Leigh dans le film d’Elia Kazan où elle donnait la réplique à Marlon Brando -on ne vous conseillera jamais assez de (re)voir la scène de rencontre des deux personnages.
Isabelle Huppert s’offre le luxe de jouer à guichets fermés ce drame, mis en scène par le polonais Wajdi Mouawad, où elle donne la réplique à Andrzej Chyra et Florence Thomassin (entre autres). La comédienne a joui d’un large plan média traditionnel pour ce genre d’évènement (Libé, France Inter, Télérama, Les Echos, etc.), qui ont fait, cela dit, des critiques plutôt sévères.
Quelque chose m’amuse et m’énerve à la fois dans ce genre “d’évènement culturel”. On ne peut qu’observer -et déplorer- à quel point ce type de spectacle est clivant. Une telle affiche ne devrait pas allécher que les bobos mais l’austérité des premières images du spectacle et les décors (il faudra m’expliquer comment est venue l’idée du bowling !?!?) vont rebuter les plus vaillants d’entre nous et risquent de dégouter ceux qui vont quand même se laisser tenter.
Ce genre de mise en scène prétentieuse qui frise a priori la branlette intellectuelle gâche le plaisir d’écouter un excellent texte et de voir des bons comédiens. Ces parti-pris artistiques (mais pourquoi le bowling ???) expliquent en parti pourquoi les théâtres publics ont perdu leur attrait pour le public “populaire”, qui préfère les pièces sans chichi ni snobisme. Ceux-ci ont d’ailleurs préféré acclamer cette saison Panique au Ministère avec Natacha Amal et Amanda Lear au théâtre (privé) de la Porte Saint-Martin… Alors que, une fois de plus, le Tramway, comme les pièces de Molière, de Marivaux ou de Anouilh, est un classique susceptible de plaire à large public si elle est montée intelligemment…
Loin de moi de refaire ici l’(inter)minable débat entre théâtre subventionné et théâtre privé mais l’élite a fait main basse sur les établissements publics et les ont coupés de leur vocation première : faire connaître au plus grand nombre les pièces les plus intelligentes possible afin de niveler par le haut la culture des Français. Contrairement à une idée reçue, les spectacles sont souvent moins chers dans le public (mais les systèmes d’abonnement verrouillent l’achat des billets à l’unité), mais la prétention des spectacles qui y sont montés les ont coupé pour longtemps du “grand public”…
Bobo Ben