Bobodemerde
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N’allez surtout pas croire que nous ne faisons que sortir ! Sous notre air futile, on réfléchit tout de même à la satanée époque dans laquelle nous vivons. L’autre jour nous discutions Bix’ et moi du fait que le cinéma américain avait pris énormément de place dans notre vie culturelle. Seuls les cinéastes de Los Angeles semblent désormais capables de réaliser des grands films : spectaculaires, bien filmés et tout de même intelligents. Last but not least, leurs films parlent à la planète entière. En effet, de Los Angeles à Paris, en passant par Tokyo, Rio ou Johannesburg, le public se rue sur le dernier Spider Man, des enfants de toutes les couleurs s’extasient devant les Pixar et toutes les adolescents du monde se sont éclatés devant le “trop génial” (mais pas très malin) Avatar.

En produisant ce genre de cinéma à la chaîne, les ‘ricain réussissent ainsi à exporter leur culture. Là où les Français, et notamment les élites, étaient depuis longtemps très hostiles à ces blockbusters, aujourd’hui le maintream est devenu plus chic. Et de plus en plus de bobos parisiens voir dans leurs MK2 les mêmes grosses productions que les Caennais à l‘UGC Ciné Cité Mondeville. Et le cinéma français, aussi subtile soit-il, doit se remettre en question face à cette déferlante venue de l’ouest à laquelle il peine à résister. Quant au cinéma des autres pays, il devient de plus en plus difficile de le voir chez nous… Si chaque pays garde son cinéma local, celui-ci n’arrive plus à s’exporter devant la puissance de la culture de masse américaine.

Tout cela pour vous dire que Frédéric Martel, un journaliste qui présente l’excellente émission autour des médias sur France Culture, réfléchit à tout cela depuis plusieurs années. Il vient de sortir un livre chez Flammarion intitulé Mainstream, enquête sur cette culture qui plait à tout le monde. Un essai dont tout le monde parle ces jours-ci tant sur France Inter (Frédéric Martel était l’invité du 6/9 hier jeudi et le son est ci-joint) ou dans la presse et notamment dans les Inrocks qui fait cette semaine un numéro spécial sur le sujet. Martel analyse l’ensemble de la domination américaine dans l’industrie culturelle (cinéma, musique, séries tv, jeux vidéos, etc.)

Un essai qui fait réfléchir sur l’économie culturelle américaine, sur son influence (tout le monde adopte ses codes) et les conséquences qu’elle a sur la culture de notre pays et sur celles de nos voisins. Ce livre fait réaliser qu’une guerre culturelle est en cours et nous en sommes les soldats. C’est à nous de résister ou, à défaut, de consommer en conscience. Un sujet tout simplement passionnant.

Bobo Ben

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Kikou, tu me manques terriblement.
Pierre Bergé, le 2 mars 2009, en mode kikoolol, dans Lettres à Yves (éditions Gallimard). Sans commentaire.
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C’était la fête à Paris. Hier soir, M6 a donné le coup d’envoi de La Nouvelle Star 2010, incontestablement l’émission de télévision la plus bobo du PAF. Dans la capitale, on s’est avachi sur nos canapés pour regarder les premiers extraits des castings après avoir commandé sushis sur sushishop ou cuisiné des pâtes avec une sauce Sacla (nos préférées étant Aubergines alla parmigiana et Poivrons et mozzarella). Et, bien-sûr, nous avons lancé nos premières invitations pour regarder entre amis les premiers primes en direct de Baltard en mode plateau-télé.

Nous essaierons surtout d’oublier ce gougeât de Soan, le gagnant de la précédente édition alors que, l’année dernière, notre chouchoute s’appelait Camelia Jordana. Elle seule était digne de prendre la succession de nos nouvelles stars à nous (Christophe la tortue WillemJulien Lolito Doré et Benjamin Bogosse Siksou).

Magie de la promo, le premier single de Camélia est comme par miracle apparu la semaine dernière sur la toile. Et on aime déjà beaucoup Non non non, ce petit refrain rock décalé et entrainant.

Bobo Ben

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Ceci est un reportage. Précision utile dans la mesure où l’on pourrait prendre pour de la fiction historique ce documentaire sur les samedis soir des jeunes en province. Tourné à La Châtre en Indre (36), nous supposons qu’il s’agit d’un coin paumé de France, que nous sommes incapables de situer et qui nous paraît aussi lointain que la ferme célébrités de Zulu Nyala. Tout dans ce reportage est à des années lumière de nos samedis soirs parisiens (et même de nos samedis soirs provinciaux, lorsque, à jour de nos vaccins, nous nous décidons à passer le périph) !

On n’en rajoutera pas sur les looks, cela serait trop facile… Mais nous pensions que les bals populaires dataient du temps de nos parents, voire grands parents ; nous ne nous souvenions plus du quart d’heure de slow dans les boîtes ; nous croyions réservé aux fêtes foraines l’effet d’écho sur la voix du DJ ; nous avions oublié qu’à une époque, la capote prêtait encore à discussion ; que le garçon s’interrogeait seulement au bout d’un mois de la possibilité de coucher avec sa copine (aujourd’hui, ce serait plutôt premier soir ou pas ?) ; que la bouteille de bière coûtait 10 francs en boîte ; etc… On assiste même aux débuts du tuning ! Après avoir imaginé un instant la possibilité d’une faille spatio-temporelle, on situe approximativement le reportage au début des années 80. Mais, coup de grâce, le générique de fin nous apprend qu’il date de… 1995 !!! Alors on se renseigne auprès de nos grands frères et grandes soeurs, sur ce temps où le portable n’existait pas et on leur demande si leurs samedis soirs ressemblaient vraiment à ça, le verdict nous achève : “Je trouve ça super ! Mes soirées avec mes potes ressemblent encore à cela… C’est pour ça qu’à Paris je vais au Club 79 ! T’es pas un peu parisien toi ?” Thanks God, I’m a bobo !

Bobo Bix

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Ce n’est pas parce qu’un artiste n’est pas considéré comme faisant partie de l’élite qu’il mérite forcément le foutage de gueule le jour même de sa mort. Je ne pense pas que les journalistes de Libé, des Inrocks ou de Télérama feront des vannes le jour de la mort de leurs icônes à eux.
Je ne voudrais pas tomber dans le politiquement correct, c’est pas mon genre, mais à tous ces bobos de merde qui donnent des leçons au monde entier, qui sont incapables de respecter tout ce qui est populaire, ceux qui sont persuadés de détenir le bon goût, droits dans leurs bottes, sûrs de leur élégance et qui n’hésitent pas à piétiner le cadavre encore tiède d’une idole : j’ai envie de dire stop et j’ai même envie de dire fuck !
Le petit milieu parisien a sûrement encore envie de vous lire déverser votre bile mais nous, le public, parfois on en a assez. Filip Nikolic n’avait que 35 ans. Il avait une petite fille de 4 ans et demi. Il était beau. Et je crois vraiment que de là où il est : il vous emmerde !

Christophe Beaugrand, réagissant, sur Europe 1, le 17 septembre 2009, à un article de Libération (signé Alexandre Hervaud) sur le décès de Filip Nikolic des 2 Be 3.

De cette chronique est née l’envie de faire ce blog.