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8 billets comportant le tag expo
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Portfolio : Melvin Sokolsky au Royal Monceau
Aujourd’hui, ce serait juste une belle photo. En 1963, date de la première image ci-dessus, c’est une photo exceptionnelle. Exceptionnelle car Melvin Sokolsky a fait réaliser une bulle en verre pour les besoins de sa série Bubble où un léger écart entre les deux parties de la bulle permet à l’air de s’immiscer alors qu’elle est suspendue au-dessus de l’eau, donnant ainsi de l’ampleur à la robe. Exceptionnelle car à l’époque, Photoshop n’existait pas et pour faire disparaître le cable qui suspendait cette bulle au bout d’une grue, Melvin Sokolsky a travaillé directement le négatif, le grattant pour effacer son astuce. Technique reprise pour la série Fly.
A l’heure de Google Images, on peut parfois se demander quel est l’intérêt d’aller voir des photos exposées. Ce fut le cas pour l’expo de Larry Clark au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, où les œuvres n’étaient ni mises en valeur ni réellement contextualisées. Ce n’est pas dans le cas dans une galerie comme Art District, celle du Royal Monceau, où l’on peut, en plus d’observer (voire acheter, pour les plus aisés des bobos qui ont un loft à redécorer du côté de Montreuil) les tirages, discuter et glaner ce genre d’anecdote précédemment citée.
Melvin Sokolsky, né en 1938, a commencé à travailler à 21 ans pour le Harper’s Bazaar. Photographe de mode, il a aussi travaillé comme réalisateur de campagne de publicitaire (et a reçu 25 Clio Awards, de quoi rendre jaloux Don Draper !). En écoutant l’anecdote suivante (la chaise immense fabriquée pour la série Big Chair alors qu’aujourd’hui on penserait à un montage des plus faciles), je repense à un conversation avec un autre publicitaire, Séguela, sur une de ses campagnes les plus mythiques, celle pour la Citroën Visa GTi en 1988. Dans cette publicité, Séguela faisait démarrer une voiture d’un porte-avions pour qu’elle atterrisse sur un sous-marin. S’il confesse avoir eu besoin d’un coup de fil à Mitterrand pour la concrétiser, l’idée était folle : “aujourd’hui avec les nouvelles technologies, ce serait facile à faire et banal. Mais à l’époque, c’était extraordinaire !” En enlevant toute limite au possible, le numérique a finalement amenuisé également les idées. Et si Melvin Sokolsky ne se sépare plus de son iPad, cette rétrospective prouve qu’il ne manque pas d’idées…
Bobo Bix
Rétrospective Melvin Sokolsky à la Galerie Art District du Royal Monceau.
41 Avenue Hoche - Paris VIIIe.
Jusqu’au 3 septembre, du mardi au samedi, de 11h à 22h.
Portfolio : Versailles au goût du jour
Qu’irait faire un bobo à Versailles ? Xavier Veilhan, Murakami et autres artistes contemporains invités par le Château sont autant de raisons qui peuvent nous pousser à prendre le RER C jusqu’au domaine de Louis XIV (oui, on a bien dit RER…). Mais cette fois, pas d’exposition polémique dans les jardins, plutôt une mise en scène dans les appartements du Grand Trianon où le Château de Versailles propose, en association avec le Musée Galliera, le XVIIIème au goût du jour, mélange de costumes de l’époque des Lumières avec des créations contemporaines de Vivienne Westwoord, Karl Lagerfeld, Christian Lacroix, Martin Margiela, Alexander Mc Queen, et bien d’autres. Des vêtements qui oscillent entre haute couture, prêt à porter et costumes de cinéma puisqu’on y retrouve une robe Rochas créée pour le film Marie-Antoinette de Sofia Copolla. L’expo qui se tient jusqu’au 9 octobre apporter une dimension très particulière au Grand Trianon, recréant l’atmosphère exubérante de cette époque des courtisanes. Une bonne excuse pour retourner à Versailles.
Bobo Bix
Magistrale monumenta
L’année dernière nous étions ressortis plus que septiques de l’installation de Christian Boltanski dans le cadre de monumenta 2010. Confiée à Anish Kapoor, l’édition 2011 est nettement plus réussie.
Intitulée Leviathan, la bulle de plastique rouge occupe magnifiquement toute la nef du Grand Palais. Ce trèfle géant (34 mètres de haut et 100 mètres de large) est léger et aérien bien qu’on arrive jamais à le voir en entier. On a préféré la vision externe de la structure que le passage dans ses entrailles. En effet la visite débute à l’intérieur de la bulle où on se sent un peu oppressé dans un utérus à travers duquel se reflète légèrement la sublime voûte en verre du lieux.
L’oeuvre de l’Indien Kapoor est magistrale et impressionnante. Elle mérite vraiment une visite de ce Monumenta 2011. Et on attend déjà impatiemment la prochaine édition qui a été confiée au Français Daniel Buren.
Bobo Ben
Je ne sais plus exactement comment l’envie nous est venue ni quel est vraiment le responsable de cette escapade en Lorraine. C’est peut-être moi d’ailleurs. Mais en tout cas, dimanche dernier on s’est levé aux aurores pour aller voir ENFIN le centre Pompidou de Metz. Et nous n’étions pas les seul à avoir eu cette idée saugrenue. Entre deux groupes d’Allemands (ou de Luxembourgeois, on a toujours du mal à les différencier) et quelques régionaux, il nous a semblé reconnaitre pleins de petits parigots de notre (sale) espèce.
3 heures de voiture et deux pauses café/cigarette plus tard on est arrivé. Premières impressions unanimes : nous avons tous les 5 été envoutés par le bâtiment signé Shigeru Ban et Jean de Gastines. Les galeries qui transpercent la toiture de bois apportent originalité et charme fou à la bâtisse. Le monument en lui-même vaut vraiment le détour. Nous savions avant même d’être entrés que nous n’avions pas fait le déplacement pour rien.
Après une petite bouffe dans un self sans saveur sous la charpente de bois, nous avons commencé notre visite. L’exposition du rez-de-chaussée sur la notion de chef d’œuvre n’a aucun intérêt. Tellement décevante que nous en sommes même venus à douter de la qualité de ce musée. Mais les trois galeries ont été un régal et nous ont vite rassurés. La première assez classique pour un centre Pompidou avec toiles et installations des grands noms de l’art contemporain qui se succèdent dans un bordel organisé. On a été heureux de retrouver une “maison” de ce cher Ben ou une très grande oeuvre Louise Bourgeois.
Les autres étages ont des philosophies d’accrochage différentes. Au deuxième, les tableaux sont tous alignés. Face à eux, leurs légendes sont cachées par un mur. Au troisième, les oeuvres sont carrément dissimulées afin de ne pas faire d’ombre à une perspective impressionnante. Preuve que l’architecture, si souvent exposée à Beaubourg (et qui a le droit à un espace dans le centre de musée messin), est aussi un art à part entière.
Bref, on ne saurait que trop vous conseiller d’aller également faire un tour à Metz, de passer quand même dans le centre ville qui vaut le détour (enfin pas plus d’une heure faut pas déconner). Et si vous avez la chance de partir un jour de remaniement ministériel, le trajet en voiture passe assez vite.
Bonne fin de dimanche à tous !
Bobo Ben (Photos de Julien Bobover)
Au Musée d’Art Moderne de Paris se tiennent en ce moment deux expositions au cœur des nos conversations bobos : celle, polémique, consacrée à Larry Clark ; et la première rétrospective parisienne consacrée à Jean-Michel Basquiat.
De la première, on comprend assez vite que la polémique débutée avec l’interdiction aux moins de 18 ans n’a servi qu’à promouvoir une exposition assez vide de sens, où l’on se demande si un commissaire d’exposition a vraiment travaillé dessus, tant l’on est déçu devant l’absence de tout côté didactique. Google Images vaut aussi bien que cet amas désordonné de photographies. Passons…
Celle sur Basquiat se révèle nettement plus instructive et passionnante pour comprendre le parcours de cet artiste, quel que soit le jugement que l’on puisse avoir sur son œuvre. La salle consacrée au “featuring” avec Andy Warhol, pourtant décrié à l’époque, est l’une de nos préférées, amorçant la conclusion d’une expo assez complète.
Le MAM a néanmoins l’intelligence de proposer un ticket combiné pour ces deux expositions inégales, mais qui n’ont pas fini d’alimenter nos diners en ville…
Bobo Bix
C’est difficile à croire mais il y a des gens qui n’y étaient pas ! Pourtant, le 22 janvier 2002, la foule se pressait au centre Pompidou. A l’occasion de la fermeture de sa maison de couture, Yves Saint Laurent, déjà malade, organisait une rétrospective de sa longue et géniale carrière. Tout le gratin de la mode assistait à un défilé très médiatisé : les plus grandes top-modèles de la planète allaient porter plus de 300 robes et smokings qui ont fait d’Yves Saint Laurent le couturier le plus respecté et le plus inventif de la planète pendant plus de 40 ans.
La ville de Paris a eu la bonne idée de demander à Pierre Bergé (son compagnon) de refaire cette rétrospective sous forme d’exposition pour ceux qui n’étaient pas invités à ce défilé (et on vous rassure c’est le cas pour la majorité des gens !). On vous conseille plus que vivement de vous rendre au Petit Palais avant le 29 août. Cette expo offre une vision très complète du génie du personnage qui a osé habiller les femmes comme les hommes au début des années 60 (ahh cette mythique saharienne).
Pas une période de la carrière de YSL ne manque à l’appel : on y retrouve les débuts chez Dior (chantés par Chamfort) puis la robe Mondrian, la robe de mariée Babouchka, ou encore cette sublime cape de soirée en plume de faisan ou encore la robe autruche transparente que portait Laetitia Casta aux derniers César.
Et le tout est parfaitement mis en scène, dans une scénographie aussi élégante que magique. La dernière salle (de bal) est un feu d’artifice de couleur. Je ne veux pas tout vous dévoiler pour ne pas atténuer l’effet de surprise. Mais c’est la plus belle exposition donnée à voir en ce moment. Courez-y ! Mais on ne saurez vous conseiller d’acheter vos places sur internet car la file d’attente est longue et beaucoup de gens repartent sans avoir pu y entrer.
Bobo Ben
Sceptiques.
Petite visite ce week-end au Grand Palais pour voir l’exposition Monumenta 2010. La vaste installation de Christian Boltanski nous a laissé froids. Elle est divisée en deux parties : la première est un damier de carrés de vêtements éclairés au néon qui ne sont pas sans rappeler les camps de la mort. La deuxième est une grande pyramide de fripes dont une grue (la main de Dieu) vient chaque minute soulever quelques fringues du sommet avant de les relâcher d’une dizaine de mètres de hauteur.
Bon ba quand on a dit tout ça, on a tout dit. L’œuvre est aussi froide qu’absconse. Même doté d’un guide qui explique le sens de l’installation, elle laisse de marbre. Dans ces cas-là, les visiteurs qui n’osent pas avouer leur circonspection ont une expression toute faite : ils disent que cette exposition est “intéressante”. Comprendre : On frise la branlette intellectuelle.
Bref, sauf à vouloir vraiment faire vos malins auprès de vos relations - ou contempler la magnifique nef du Grand Palais -, on vous déconseille Monumenta 2010. Visuellement réussie (elle permet de jolies photos), cette exposition, ne vaut pas les 4 euros de son ticket d’entrée.
Bobo Ben