Tags
3 billets comportant le tag love
3 billets comportant le tag love
“L’émotion est un sentiment parfaitement prolétaire tout droit sorti d’une émission de télé-réalité.”

De la rive gauche à la rive droite, il souffle comme un air de printemps… Au-delà du léger radoucissement des températures, l’amour et le sexe semblent omniprésents dans la tête de nos amis, a fortiori lorsque les exploits des uns et des autres semblent créer une dynamique concurrentielle. Après tout, il n’y a pas de raison pour que le bobo, dans sa vie privée, mette en sourdine cet esprit de compétition qui lui réussit généralement professionnellement, tel qu’en témoigne son pouvoir d’achat lui permettant de payer plus cher des produits moins bons. Si nous mettions récemment en cause les multiples tentations parisiennes, la clé ne se cacherait-elle pas, plus simplement, dans notre ego ? Courtisé à l’extrême par la société de consommation, l’ego des bobos est comme Rocco Siffredi : au-dessus des normes.
«Le bobo ne réfléchit pas, il suit la foule», nous expliquait Laurence, et il en va de même pour ses rencontres : les promotions et stocks à écouler ne l’intéressent pas, il veut LE «produit» que tous ses congénères vont lui envier. Les sites de rencontres (ces endroits où, même sous la torture, vous niez vous rendre) amplifient ce phénomène : il n’y est pas question de feeling, on va y rechercher le meilleur produit, sur la base d’un certain nombre de critères. AdopteUnMec ne s’y est d’ailleurs pas trompé, ce site se voulant le supermarché de la rencontre, où l’homme devient un objet, en concurrence avec tous les autres. De quoi éveiller les ardeurs des cougars, ces femmes mûres qui chassent les jeunes hommes sans défense que nous sommes. Que celui qui n’en a jamais croisé me jette le premier string ! Demi Moore et Ashton Kutcher, Madonna et Jesus Luz, etc. Venu des Etats-Unis où Newsweek a décrété 2009 année du cougar, le phénomène se popularise avec la nouvelle série de Courtney Cox, Cougar Town, qui se targue sur tous les plateaux d’en être une. En 2010, un boy toy (ou une girl toy) est un must-have presque aussi indispensable qu’un it-bag, faisant l’effet d’un véritable ego-shoot.
Avec son lot de désinhibition, la nuit accentue cette chasse à l’ego. Dans le cadre de la promotion d’Un Roman français, Frédéric Beigbeder, pas le dernier pour jouer les cougars, s’est livré à ses confessions de noceur invétéré, estimant que la nuit, on croisait surtout des gens qui allaient mal. Véritable bal des vanités, l’observation de notre dernière soirée parisienne corrobore ce constat : F. allumant C. pour provoquer La Cible avec qui il souhaitait finir la nuit ; La Cible, pourtant touchée, préférant déverser son aigreur sur C. que de courir après F. ; N. ne se privant pas d’exciter la jalousie suscitée aux bras de son boy toy ; D. embrassant discrètement S. pour se rendre compte qu’il est déjà heureux en couple ; C., blessé dans son amour-propre de n’avoir été qu’un jouet, rabattant sa frustration sur un plan… «On aime que soi-même, comment veux-tu qu’on s’aime ?», chante Stella Spotlight dans Ego Trip (Starmania). Avec La Vanité (Négatif), Benjamin Biolay semble lui répondre que «la vanité est une offense à l’âme perdue de l’enfance».
Bobo Bix
Photo : Simon Duhesme, par Victor Mignon.

Quand on en vient à reconnaître des épisodes de sa propre vie dans des séries comme Sex and the City, Clara Sheller, Gossip Girl ou encore Ugly Betty, il est temps de se poser des questions : notre condition sociologique de bobo de merde a-t-elle une influence sur notre vie sentimentale et/ou sexuelle ? M. m’expliquait récemment sa théorie selon laquelle un an de relation parisienne équivaudrait à dix fois plus en province… Paris décuple-t-il tout ? Au fin fond de la Creuse, matter en couple le porno du samedi de Canal peut paraître comme un fantasme osé (et pas seulement parce que le câble est déjà leur rêve) ; à Paris, on haussera à peine un sourcil si vous annoncez la mise en ligne de votre dernière sex-tape sur Xtube. Si le trait est forcé, une étude de 1895, Psychopathia Sexualis, va dans ce sens : «Les habitants des grandes villes qui sont sans cesse ramenés aux choses sexuelles et excités aux jouissances ont assurément de plus grands besoins génésiques que les campagnards. Une vie sédentaire, luxueuse, pleine d’excès, une nourriture animale, la consommation de l’alcool, des épices, etc., ont un effet stimulant sur la vie sexuelle.» Est-ce ainsi que l’on se retrouve, après plusieurs années de vie bobo parisienne, à pratiquer ce qui vous choquait encore lors de votre installation dans la capitale ?
Si tous les bobos ne sont pas des queutards ou des nymphomanes, la plupart d’entre-nous parlons de sexe de manière complètement décomplexée. La vie sexuelle de nos ami(e)s n’a plus aucun mystère pour nous, quand nous ne mélangeons pas allègrement sexe, amours et amitiés. Un plan cul n’a rien de tabou, un fucking buddy traîne toujours par là et quoi de plus facile à organiser dans Paris qu’un plan à 3 ? Les frontières entre hétérosexualité et homosexualité sont de plus en plus floues, quant à la fidélité… il semblerait bien que ce soit une valeur qui ait du plomb dans l’aile chez les bobos, qui se complaisent dans la polygamie : P. sort actuellement avec 3 filles, pour oublier que la seule du lot qui lui plaise vraiment est déjà avec un autre mec ; N. entretient sa libido en cumulant les histoires foireuses tout en entretenant une relation platonique avec le mec dont il est amoureux. Car dans une ville qui concentre le sixième de la population française, et par conséquent, le sixième de ses meilleures tentations, la véritable prouesse du bobo ne réside pas dans ses acrobaties sexuelles mais dans la survie des sentiments. La résistance aux innombrables tentations est devenue un combat quotidien auquel il devient presque ringard de résister. A moins que ce ne soit l’inverse, et que les plus hypes d’entre-nous soient finalement ceux qui ont déménagé dans la Creuse ? Mariage bouseux…
Bobo Bix