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Contrairement à ce que laisse entendre le désastreux accord entre le PS et les Verts, il est temps pour François Hollande de se “déjospiniser”, de prendre le PS dans toute sa diversité. Ce n’est pas moi qui ai fait le lit du FN en 2002. Les coupables sont ceux qui se sont détournés des ouvriers, ceux qui s’occupent des bobos et ont laissé tomber le populo.

Jean-Pierre Chevènement, qui fait son Mélenchon dans une interview aujourd’hui à La Voix du Nord  attaquant le Parti Socialiste devenu, à son sens, un parti de bobos. Gauche prolo contre gauche bobo, un débat qui s’intensifie à gauche, une guerre des gauches récemment évoquée par Télérama. Hervé Algalarrondo, journaliste au Nouvel Observateur, dénonçait violemment il y a quelques semaines cette boboïsation de la gauche dans son dernier ouvrage, La gauche et la préférence immigrée : “L’immigration à gogo, c’est un credo de bobos. (…) La préférence nationale martelée par le FN est fondée sur la xénophobie. La préférence immigrée est l’envers de la prolophobie qui a saisi les élites de la gauche.” Le think tank de la gauche, Terra Nova, ne propose pourtant rien de moins que “d’abandonner” les classes ouvrières, dans un rapport polémique “Gauche, quelle majorité électorale pour 2012 ?”. Le nouveau peuple de gauche serait alors recentré sur les socio-démocrates, faisant le deuil d’ouvriers qui ont filé à droite ou aux extrêmes. Les opinions divergent à gauche sur la stratégie à suivre, un trouble qui n’est pas sans réjouir la droite (à commencer par l’un de leurs plus grands penseurs, Eric Zemmour), antiboboïste primaire comme nous l’écrivions en avril. Car la gauche est surtout en train de s’engrouffer dans le piège tendu par Patrick Buisson, placer la campagne de 2012 sur le terrain bobos contre prolos…

Bobo Bix

L'édito politique de France Inter - Thomas Legrand

L'édito politique de France Inter

by Thomas Legrand
album L'édito du 18/10/2011

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François Filllon se verrait bien succéder à Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris. Pour cela le Premier ministre voudrait se faire élire député dans le très chic VIIe arrondissement de la capitale. Et ça, ça rend hystérique Rachida Dati, le maire de l’arrondissement.

Au delà de cette petite guéguerre d’égo (assez rigolote on l’avoue), le pari de Fillon n’est pas simple tant la gauche est bien ancrée à Paris (la primaire l’a encore prouvé) et que les bobos y ont élus domicile. Son challenge est énorme : convaincre les bobos de voter à droite !

Cette information a inspiré Thomas Legrand, l’excellent éditorialiste de France Inter, qui en a profité pour se moquer avec beaucoup d’humour des bobos et de leur lointains cousins de la rive gauche !

Bonne journée à tous !

Bobo Ben

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Avec 37,5 % des voix, Martine Aubry y arrive en tête, réalisant un score supérieur d’environ 6 points à sa moyenne nationale. Avec 31,7 % des voix, François Hollande est deuxième, avec un score inférieur d’environ 7 points à sa moyenne nationale. (…)
Dimanche, deux Paris se sont clairement opposés : c’est dans les arrondissements les plus à gauche que Martine Aubry et Arnaud Montebourg ont réalisé leurs meilleurs scores, et dans les arrondissements les plus à droite que François Hollande et Manuel Valls ont obtenu leurs meilleurs résultats.

Décidément les Parisiens ne votent jamais comme tout le monde… même quand il s’agit de la primaire PS ! La citation et l’illustration proviennent d’un article du site du Monde qui a analysé les résultats du premier tour à Paris. Martine Aubry a clairement mieux réussi à séduire les bobos que ses concurrents, à commencer par François Hollande.

A lire aussi, les 6 candidats PS passés sous le crible de notre impitoyable bobomètre.

Source  lemonde.fr

Le bobomètre de la primaire

Lequel des 6 candidats est le plus bobo ?

De façon assez primaire, les grognards de l’UMP ne cessent de rabaisser le PS, pourtant désormais majoritaire au Sénat,  à “un parti de bobos”. Alors pour prendre la droite au mot, nous avons passé les 6 candidats à la primaire PS dans notre bobomètre. Un sondage tout aussi subjectif que ceux d’Ipsos et de Sofres mais qui fait office de consigne de vote ! Alors, à qui ira le vote bobo ?

François Hollande - Candidat des villes et candidat des champs

Quand se présageait son duel avec DSK, ce “candidat des bobos” raillé par la droite, il aurait dû être en opposition avec ce style. Candidat de la France profonde, tout droit venu de Corrèze, il est couvé du regard par Chirac sous l’œil approbateur de quelques vaches. Inquiétant le pouvoir actuel par sa capacité à séduire aussi bien un électorat social-démocrate par son positionnement idéologique, que les électeurs les plus à gauche ou ces paysans qui détestent tant l’élitisme snobinard des bobos.

Avec son allure modeste, longtemps raillée par les Guignols qui le surnommaient Flamby, il rassure en promettant une “présidence normale”, une pique qui visait autant le style bling-bling de Sarkozy que les contradictions bobos de DSK.

Dukan est passé par là et une femme de chambre du Sofitel a fait le ménage pour lui, le voilà en première ligne, auréolé de sondages flatteurs et nouveau chouchou des journalistes. Rassuré, Hollande se lâche, retrouve son humour et son goût des bons mots dont raffolent les médias et délaisse son costume de père la rigueur pour promettre 60.000 créations de postes dans l’éducation. Un geste à même de séduire les enseignants, électorat bobo s’il en est.

Et si le message n’était pas assez clair, Hollande s’offre un meeting dans le 18ème arrondissement parisien, au premier rang desquels s’affiche en soutien… Benjamin Biolay ! Mais voilà, ses candidats n’ont de cesse de lui rappeler son manque d’expérience gouvernementale, trop occupé qu’il était à tenir les rênes du Parti socialiste pendant onze ans… ce fameux “parti de bobos”.

  • Cote Bobo : 18/20

Martine Aubry - Quand ça veut pas, ça veut pas !

Des six, elle a incontestablement le meilleur CV. Fille de Jacques Delors, ministre de l’Emploi sous les gouvernements Cresson, Bérégovoy et Jospin, Première secrétaire du PS depuis 2008. Dur de trouver meilleure incarnation du socialisme. Elle est la mère des 35 heures, réforme démoniaque pour la droite mais paradisiaque pour les bobos, qui cumulent leurs RTT pour s’offrir jusqu’à 8 semaines de congés payés par an et un paquet de week-ends à la campagne à manger bio.

Mais si, à Martine, les bobos sont reconnaissants, c’est pour avoir métamorphosé Lille, qu’elle dirige depuis 2001. Grâce au projet Lille capitale européenne de la culture 2004, on ne compte plus les petits couples bohèmes au Tri Postal ou à la Gare saint Sauveur. Martine était donc notre candidate naturelle… mais elle n’a pas cherché à nous séduire ! C’est tout son problème à Martine : trop de naturel, pas assez de séduction…

Contrairement à Hollande ou Royal, Aubry n’apprécie que modérément la communication en général et les journalistes en particulier. Cela pourrait être une qualité mais, hélas pour elle, les bobos bossent justement dans ce domaine. Ce péché originel (qui vient du pacte avec DSK ?) a été corrigé au début de l’automne. Mais trop tard, on parle davantage de son supposé “manque d’envie”  que de ses propositions (augmentation substantielle du budget de la culture, plafonnement des loyers, taxation des transactions financières, etc.).

Une erreur stratégique et un gros gâchis. Car sous le masque de la sévérité, elle est drôle notre Angela Merkel tricolore. Et pas à ses dépens comme Ségolène. Mais c’est aussi une grosse bosseuse, une qualité qui lui permettra sûrement de retomber sur ses pieds ! Et devenir le Premier ministre de François Hollande ?

  • Cote Bobo : 16/20

Arnaud Montebourg - La révélation

On l’aime bien le petit Arnaud, avec ses allures de dandy qui donnent envie de lui coller une particule. On ne saurait trouver candidat qui soit plus à gauche avec pourtant l’allure d’un homme de droite. Dans l’apparence, c’est peut-être même le plus bobo de tous. Tout comme Hollande, il s’est d’ailleurs acoquiné avec une journaliste, Audrey Pulvar, symbole de la gauche bobo dans l’émission du samedi soir de Ruquier.

Sur le domaine des idées, le tableau est à nuancer. Révolutionnaire dans l’âme, Montebourg veut tout péter, de la Constitution aux systèmes financiers. On peut se laisser séduire par sa VIème République, on apprécie son combat contre la corruption et on en redemande lorsqu’il s’en prend à ce gros plouc marseillais de Guerini. Sur la démondialisation, on est plus ambigu. Comme toute idée nouvelle, elle nous intrigue et nous intéresse et il a au moins le mérite de ne pas ressortir les vieilles recettes des années Jospin. Mais après tout, pourquoi changer complètement un système dans lequel les bobos se sont si bien épanouis ?

Montebourg nous agace et nous séduit car il nous met face à nos propres contradictions : sur le papier, c’est tentant mais dans la réalité, on a peur d’y laisser un peu de notre confort quotidien.

Alors, on l’écoute attentivement lors des débats de la primaire en se disant qu’il mérite une place de choix si la gauche l’emporte en 2012 mais le bobo est pragmatique et veut justement gagner. Et pour ça, il a bien conscience que Montebourg est trop clivant pour la présidentielle…

  • Cote Bobo : 12/20

Ségolène Royal - Tatie Danielle

Aahh Ségo ! On l’aimait bien au début… Une femme présidente, pensez donc, ça faisait rêver dans les lofts ! Et on avait tellement peur que la gauche ne soit pas au second tour en 2007. Face à Fabius et DSK, elle en avait de la gueule ! Elle est même venue chanter la sérénade sous les fenêtres de Bayrou pour que tous les bobos se prennent par la main…

Et puis voilà, quand Chirac tirait de tous les côtés, ça restait dans la chambre, avec Royal, ça se passe devant les micros et dans son programme. Faire bouger les lignes, d’accord, mais pour aller où, au final on ne voit plus très bien, comme avec ses centres militaires pour jeunes délinquants. A trop courir après Sarkozy, ils ont fini par se prêter leurs idées.

Toute à sa “bravitude”, notre plus belle histoire avec Royal n’a pas fait long feu. Elle a bien senti que les bobos commençaient à se détourner et elle a tout tenté pour ne pas nous perdre. Elle a eu beau convoquer tous nos artistes pour un concert au Zénith, ses ridicules imprécations fraternelles en tunique bleu et bouclettes nous ont fait de la peine plus qu’autre chose.

Entre temps, Aubry est arrivée, alors retour aux fondamentaux : look mémé pour faire sérieux, mise en avant de son bilan local avec le Poitou-Charentes, “première région écologique d’Europe” (appellation d’origine pas vraiment contrôlée d’ailleurs) et du vert à toutes les sauces. Et si elle s’était trompée de primaire ? Trop tard, le mal est fait et on pouvait l’entendre ronchonner dans son coin lorsque les autres candidats parlaient, surtout Hollande. On ne sait pas quel match joue Royal, mais ce n’est pas celui de 2012.

Malgré tout, rien n’est joué et si son décalage avec les élites et sa manie de les prendre systématiquement à rebours lui donne des allures de fake, cela semble aussi lui conférer une popularité qui nous dépasse. Symbole d’une cassure entre les classes, Royal est peut-être finalement devenue la candidate anti-bobos. C’est aussi un atout…

  • Cote Bobo : 8/20

Manuel Valls - Le petit DSK

On reproche souvent à Martine Aubry le pacte de Marrakech, selon lequel elle ne se serait pas présentée si DSK n’avait préféré disséminer son patrimoine au Novotel plutôt qu’entrer dans l’histoire à l’Elysée. Mais on ne reproche jamais à Valls d’avoir pourtant mis sa candidature entre parenthèses quand DSK planait dans les sondages. Son soutien à l’ancien patron du FMI était plus que logique tant le positionnement très social-libéral de Valls se rapproche de celui de son mentor.

Ainsi, Valls s’est totalement démarqué du projet socialiste, au point de lutter parfois seul contre tous. Il dénonce la création des 300 000 emplois d’avenir préconisée par ses camarades et défend la TVA sociale : des divergences qui donnent des cartouches à l’UMP pour dézinguer le PS.

Manuel Valls est-il vraiment socialiste ? L’intéressé a fait les yeux ronds quand la question lui a été posée lors des débats. Pourtant, à vouloir importer en France le blairisme, le peuple de gauche se divise sur le cas Valls. Car oui, en bons bobos, nous naviguons dans cette contradiction de vouloir vivre opulents dans un pays à l’économie florissante mais qui possède des mécanismes pour protéger les plus démunis.

En défendant le mariage homo, Valls pourrait nous convaincre tout à fait. Mais voilà, (dans une nostalgie mitterrandienne ?), nous aimons la gauche qui sent bon le stand de merguez à la sortie des meetings, se rappelle Jaurès, se soucie des chômeurs lorrains  et des associations venant en aide aux sans-papiers qui bossent dans les cuisines de nos restos tendances du canal Saint-Martin. Or, Manuel Valls n’incarne pas assez ce côté là qui plait tant aux bobos, peuple de nantis emplis de culpabilité et de réussite.

  • Cote Bobo : 6/20 

Jean-Michel Baylet – Le Tonton de province

Jean-Michel Baylet est une pièce rapportée. Invité par politesse pour montrer que cette primaire était celle de toute la gauche, et pas que celle des socialistes, ce grand communicant a répondu présent !

Avec son accent rocailleux, il fait entendre une voix dissonante et une approche plus provinciale des enjeux de 2012. Clairement différent des autres, il manque de sérieux quand il parle de la crise économique, des banques, de la fiscalité et des relations internationales. Baylet répète ce que disent ses camarades mais y ajoute une pointe de bon sens… Avec un côté café du commerce, dont il défend d’ailleurs volontiers le tenancier en voulant alléger les charges patronales ou ne pas augmenter le SMIC. Bref, Jean-Michel, c’est le plus “France d’en bas” de la famille, le Jean-Pierre Pernault de la gauche.

C’est aussi le roi de la déconne quand il déclare son envie de légaliser le cannabis, mais pour être honnête on s’attendait à ce qu’il soit plus LOL Jean-Michel. Il semble fatigué.

Baylet est comme notre Tonton Pascal de Bagnères-de-Bigorre : on se parle mais nous ne nous comprenons pas vraiment. Il a beau croiser des bobos dans quelques-unes de nos adresses toulousaines, nous ne vivons vraiment pas dans le même monde, lui et nous. On est toujours content de le voir, le temps d’un week-end familial car il est sympa et met de la bonne ambiance, mais on est soulagé quand ca s’arrête et qu’il redescend dans le Sud.

  • Cote Bobo : 0, comme ses chances d’être au second tour.

B. & B.

Papier initialement publié hier sur lePlus (Nouvel Obs).

Moi, je suis un sympathisant de François Hollande, en tant que citoyen et militant socialiste, je ne suis pas partisan de ces comités de soutien avec une brochette, comme on dit, de people et de bobos. Moi, je suis là, parce que je vais voter à la primaire, et je vais voter François Hollande.

Benjamin Biolay, alias Moi-je, qui critique les soutiens bobos sur France Inter, en marge de sa présence au meeting de François Hollande au Trianon (alors même qu’il chantait aussi pour la Fête de la Fraternité de Ségolène Royal il y a trois ans), c’est un peu comme si Carla Bruni se moquait de la voix de Vincent Delerm…

Nous avons mis un terme à la division de Paris: il n’y a plus l’ouest favorisé et l’est délaissé. Ménilmontant, Château Rouge, la Villette, Belleville, la porte de Montreuil, la porte d’Orléans, Tolbiac, et tant d’autres quartiers de l’est, se sont métamorphosés en dix ans, ils ont rejoint le mouvement de Paris ; il y a une seule ville, plus dynamique et solidaire. (…) La population parisienne est aujourd’hui composée très largement de ménages appartenant à la classe moyenne: plus de 70% des Parisiens ont des revenus qui les rendent éligibles au logement social. Dire que tous sont des “bobos”, des gens très riches, ou à l’inverse des assistés, c’est méconnaître la réalité de Paris, sa vitalité, et surtout sa diversité.

Alors qu’il ne présentera pas à un troisième mandat à la mairie de Paris, Bertrand Delanoë fait le bilan de ses 10 années à la tête de la capitale dans l’hebdomadaire Challenges.
Ouf, le vote bobo existe !
Enfin une bonne nouvelle pour les socialistes : les sociologues confirment l’existence d’un vote bobo (même s’ils n’aiment pas ce terme). C’est ce que nous avons retenus du numéro de La Suite dans les idées diffusé samedi dernier sur France Culture (à réécouter ici). Intitulée Paris en campagne, l’émission de Sylvain Bourmeau revenait sur les municipales de 2008 à Paris (et notamment dans le très bobo Xe arrondissement), pour analyser (avec Eric Agrikolianski, maitre de conférence de sciences politiques à l’université Paris-Dauphine) les conséquences électorales de la gentrification des grandes villes, qui poussent les classes populaires à s’installer en périphérie quand les centres villes sont prisés des commerçants et des bourgeois.
Une phrase m’a particulièrement marqué. “C’est à partir du moment où les classes populaires ont quitté la capitale que Paris a basculé à gauche”. Un phénomène qui a été aussi observé à Nantes ou à Lyon.
On le sait le bobo vote plutôt socialiste ou écolo (on l’a encore constaté aux dernières régionales) car il est généralement laïque et bosse dans le public et dans des milieux culturel où le profit n’est pas la valeur dominante. Ce qui est intéressant dans l’émission c’est la mise en parallèle du gauchiste, athée et bohème Xe arrondissement avec le très riche XVIe arrondissement où, a contrario, les gens sont riches, cadres supérieurs dans de grosses entreprises, cathos et … de droite.
Bref, on vous conseille très fortement d’écouter cette émission, ne serait-ce que pour entendre le journaliste et le sociologue taper sur le terme “bobo”, qui est “très pratique pour dire très très vite une réalité qui est assez compliquée”. “Un stéréotype de sociologie très très vulgarisée sans aucne rigueur scientifique”.
Bobo Ben

Ouf, le vote bobo existe !

Enfin une bonne nouvelle pour les socialistes : les sociologues confirment l’existence d’un vote bobo (même s’ils n’aiment pas ce terme). C’est ce que nous avons retenus du numéro de La Suite dans les idées diffusé samedi dernier sur France Culture (à réécouter ici). Intitulée Paris en campagne, l’émission de Sylvain Bourmeau revenait sur les municipales de 2008 à Paris (et notamment dans le très bobo Xe arrondissement), pour analyser (avec Eric Agrikolianski, maitre de conférence de sciences politiques à l’université Paris-Dauphine) les conséquences électorales de la gentrification des grandes villes, qui poussent les classes populaires à s’installer en périphérie quand les centres villes sont prisés des commerçants et des bourgeois.

Une phrase m’a particulièrement marqué. “C’est à partir du moment où les classes populaires ont quitté la capitale que Paris a basculé à gauche”. Un phénomène qui a été aussi observé à Nantes ou à Lyon.

On le sait le bobo vote plutôt socialiste ou écolo (on l’a encore constaté aux dernières régionales) car il est généralement laïque et bosse dans le public et dans des milieux culturel où le profit n’est pas la valeur dominante. Ce qui est intéressant dans l’émission c’est la mise en parallèle du gauchiste, athée et bohème Xe arrondissement avec le très riche XVIe arrondissement où, a contrario, les gens sont riches, cadres supérieurs dans de grosses entreprises, cathos et … de droite.

Bref, on vous conseille très fortement d’écouter cette émission, ne serait-ce que pour entendre le journaliste et le sociologue taper sur le terme “bobo”, qui est “très pratique pour dire très très vite une réalité qui est assez compliquée”. “Un stéréotype de sociologie très très vulgarisée sans aucne rigueur scientifique”.

Bobo Ben

Dans l’ombre met à jour les coulisses politiques
“Mon Dieu, gardez-moi de mes amis Quant à mes ennemis, je m’en charge !” Ce mot de Voltaire nous revient forcément à l’esprit en lisant Dans l’ombre, le roman d’Edouard Philippe et Gilles Boyer. Le premier est maire du Havre, le second est conseiller politique d’Alain Juppé au Quai d’Orsay, et tous deux livrent ici les coulisses d’une campagne présidentielle au plus près du candidat : Le Patron, avec tous ces hommes de l’ombre qui constituent un premier cercle soudé. Mais assez vite, la machine se grippe et un grain de sable vient perturber la campagne avec une vilaine rumeur de primaires truquées. Le doute s’immisce, même pour le plus proche conseiller, narrateur et instigateur de l’enquête censée laver son Patron pour mener à bout sa conquête de l’Elysée. Et c’est là où ce livre s’avère bien plus intéressant que La Conquête qui s’attache plus à montrer l’aspect humain du candidat Sarkozy en croisant la campagne avec sa séparation de Cécilia.
Dans l’ombre donne à voir la campagne par ceux qui la font vraiment (et chacun affublé d’un surnom par Le Conseiller) : Marilyn, aux premières loges pour gérer une presse qui apparaît aisément manipulable ; Démosthène, plume lyrique du Patron et qui n’est pas sans faire penser à Henri Guaino ; Le Major, directeur de campagne au pouvoir amoindri face à celui du Conseiller de toujours ; ou encore Winston, petit nouveau dans l’équipe qui apporte un regard neuf. Dans le même camp, on retrouve la candidate battue aux primaires : Marie-France Trémeau, une hystérique qui met en avant son lien avec le peuple et ne joue pas forcément la victoire de son parti. Ca vous rappelle quelqu’un ? Car derrière la leçon du livre sur le monde politique, où les pires coups ne viennent pas forcément de ses ennemis, sa saveur réside dans les clins d’oeil faits au monde politique. Sans être un roman à clefs, la fiction est alimentée par la réalité et on s’amuse des ressemblances des traits de caractères des uns ou des autres. Les plus observateurs y reconnaîtront même certaines anecdotes, notamment sur le goût bien connu d’un député pour les jeunes garçons, et cela écrit bien avant la sortie de Luc Ferry au Grand Journal. On apprécie aussi certaines analyses complètement cyniques, mais réelles. Nous bobos n’y échappons pas, dépeints à travers notre “Boboland” :

Ce quartier emblématique de la transformation sociale et politique de la capitale. Il y a encore vingt ans, on y trouvait des quincailleries, des garages et des cafés sans allures. C’était encore le Paris populaire des ouvriers et des employés modestes. On n’y était pas riche mais on votait souvent à droite pour les élections locales, parce que l’ordre était une valeur importante, parce que l’on ne voulait pas être relégué, parce qu’on aimait le maire de Paris qui vous le rendait bien. (…)Et puis les bobos étaient arrivés. Les célibataires branchés et les jeunes couples, diplômés et actifs avaient investi la place, pour échapper au centre trop cher ou à la périphérie trop lointaine. (…) Les nouveaux habitants, pourtant plus riches que les autochtones, s’obstinant à s’habiller comme lorsqu’ils étaient jeunes et fauchés, l’ambiance générale était au mélange entre les origines et entre les classes. Mais derrière les cartons à dessin, les pantalons de treillis et les barbes savamment négligées, les prix montaient et le quartier s’enrichissait. On s’était alors mis à voter à gauche, pour la liberté, pour la tolérance, pour la culture et contre tout le reste : la misère, l’obscurantisme, les inégalités, le racisme, l’ordre moral, la pollution, l’expulsion des sans-papiers et des mal-logés, la faim dans le monde, la maladie et la douleur.

Coups bas, machinations, vols, meurtres, les auteurs n’épargnent rien au monde qui est le leur et ne le donnent pas à voir sous son meilleur jour. On se délecte pourtant de ce roman qui se lit comme un thriller haletant et plein d’humour. Un page-turner de 560 pages que l’on savoure en se laissant prendre à l’atmosphère de cette campagne jouée comme une partie d’échecs.
Bobo Bix

Dans l’ombre, Gilles Boyer & Edouard PhilippeEditions JC Lattès (21,50 €)

Dans l’ombre met à jour les coulisses politiques

“Mon Dieu, gardez-moi de mes amis Quant à mes ennemis, je m’en charge !” Ce mot de Voltaire nous revient forcément à l’esprit en lisant Dans l’ombre, le roman d’Edouard Philippe et Gilles Boyer. Le premier est maire du Havre, le second est conseiller politique d’Alain Juppé au Quai d’Orsay, et tous deux livrent ici les coulisses d’une campagne présidentielle au plus près du candidat : Le Patron, avec tous ces hommes de l’ombre qui constituent un premier cercle soudé. Mais assez vite, la machine se grippe et un grain de sable vient perturber la campagne avec une vilaine rumeur de primaires truquées. Le doute s’immisce, même pour le plus proche conseiller, narrateur et instigateur de l’enquête censée laver son Patron pour mener à bout sa conquête de l’Elysée. Et c’est là où ce livre s’avère bien plus intéressant que La Conquête qui s’attache plus à montrer l’aspect humain du candidat Sarkozy en croisant la campagne avec sa séparation de Cécilia.

Dans l’ombre donne à voir la campagne par ceux qui la font vraiment (et chacun affublé d’un surnom par Le Conseiller) : Marilyn, aux premières loges pour gérer une presse qui apparaît aisément manipulable ; Démosthène, plume lyrique du Patron et qui n’est pas sans faire penser à Henri Guaino ; Le Major, directeur de campagne au pouvoir amoindri face à celui du Conseiller de toujours ; ou encore Winston, petit nouveau dans l’équipe qui apporte un regard neuf. Dans le même camp, on retrouve la candidate battue aux primaires : Marie-France Trémeau, une hystérique qui met en avant son lien avec le peuple et ne joue pas forcément la victoire de son parti. Ca vous rappelle quelqu’un ? Car derrière la leçon du livre sur le monde politique, où les pires coups ne viennent pas forcément de ses ennemis, sa saveur réside dans les clins d’oeil faits au monde politique. Sans être un roman à clefs, la fiction est alimentée par la réalité et on s’amuse des ressemblances des traits de caractères des uns ou des autres. Les plus observateurs y reconnaîtront même certaines anecdotes, notamment sur le goût bien connu d’un député pour les jeunes garçons, et cela écrit bien avant la sortie de Luc Ferry au Grand Journal. On apprécie aussi certaines analyses complètement cyniques, mais réelles. Nous bobos n’y échappons pas, dépeints à travers notre “Boboland” :

Ce quartier emblématique de la transformation sociale et politique de la capitale. Il y a encore vingt ans, on y trouvait des quincailleries, des garages et des cafés sans allures. C’était encore le Paris populaire des ouvriers et des employés modestes. On n’y était pas riche mais on votait souvent à droite pour les élections locales, parce que l’ordre était une valeur importante, parce que l’on ne voulait pas être relégué, parce qu’on aimait le maire de Paris qui vous le rendait bien. (…)
Et puis les bobos étaient arrivés. Les célibataires branchés et les jeunes couples, diplômés et actifs avaient investi la place, pour échapper au centre trop cher ou à la périphérie trop lointaine. (…) Les nouveaux habitants, pourtant plus riches que les autochtones, s’obstinant à s’habiller comme lorsqu’ils étaient jeunes et fauchés, l’ambiance générale était au mélange entre les origines et entre les classes. Mais derrière les cartons à dessin, les pantalons de treillis et les barbes savamment négligées, les prix montaient et le quartier s’enrichissait. On s’était alors mis à voter à gauche, pour la liberté, pour la tolérance, pour la culture et contre tout le reste : la misère, l’obscurantisme, les inégalités, le racisme, l’ordre moral, la pollution, l’expulsion des sans-papiers et des mal-logés, la faim dans le monde, la maladie et la douleur.

Coups bas, machinations, vols, meurtres, les auteurs n’épargnent rien au monde qui est le leur et ne le donnent pas à voir sous son meilleur jour. On se délecte pourtant de ce roman qui se lit comme un thriller haletant et plein d’humour. Un page-turner de 560 pages que l’on savoure en se laissant prendre à l’atmosphère de cette campagne jouée comme une partie d’échecs.

Bobo Bix

Dans l’ombre, Gilles Boyer & Edouard Philippe
Editions JC Lattès (21,50 €)

Les Gérard veulent un contrôle fiscal

Et maintenant, la politique ! Après la télévision et le cinéma, mais avant la musique, Les Gérard décorent ce soir le pire de la politique. Y’a du boulot…

Il paraît que ces dix catégories sont les plus softs… Ca promet pour ce soir, au Palace, où Les Gérard (Arnaud Demanche, Stéphane Rose et Fred Royer) s’en prendront, avec leur ton habituel, à nos dirigeants. Dès 20h30, en léger différé sur Paris Première, on découvrira l’ensemble des 23 catégories, aux intitulés à rallonge mais hilarants. A rebours de la vague de nostalgie du 10 mai 1981, une autre façon de parler de politique aujourd’hui, qui ne leur fera pas que des amis !

Du Réservoir au Palace en passant par le théâtre Michel, Les Gérard n’ont rien perdu de leur humour. Si certains lauréats des Gérard de la télévision viennent parfois chercher leur parpaing, on doute qu’il en sera de même en politique ! Réponse ce soir dans la salle du Palace pour les bobos parisiens, ou devant Paris Première (une chaîne pour vieux, selon eux). En attendant, on se prépare en revoyant leur bobocast et on croise les doigts pour Frédéric Lefebvre qui mérite un Gérard d’honneur pour l’ensemble de son œuvre…

Gérard du mec de gauche qui a trimé vingt ans pour se constituer un capital sympathie qu’il a niqué en vingt secondes en acceptant de bosser avec Sarkozy

  • Bernard Kouchner
  • Martin Hirsch
  • Fadela Amara
  • Jack Lang
  • Michel Rocard

Gérard du charisme

  • Hervé Morin
  • François Bayrou
  • François Hollande
  • François Fillon
  • Harlem Désir

Gérard de l’idée de programme griffonnée sur un coin de nappe en papier avec cinq pastis, un cassoulet, une bouteille de Côtes du Rhône et deux calvas derrière la cravate, et allez zou !

  • « On va revenir au franc » Nicolas Dupont Aignan
  • « On aura tous une allocation à la naissance, le revenu universel » Cécile Duflot
  • « On va mettre fin à la criminalité » Nicolas Sarkozy
  • « On va renvoyer les immigrés chez eux » Marine Le Pen
  • « On va aller à la pêche et à la chasse » Frédéric Nihous

Gérard de la personnalité politique géographiquement contrariée

  • Manuel Valls, à droite de la droite de la gauche
  • Jean-Louis Borloo, à droite de la gauche du centre-droit
  • Eric Besson, à l’extrême droite de la droite, venu de gauche
  • Jean-Luc Mélenchon, à l’extrême-droite de l’extrême-gauche
  • François Bayrou, perché au beau milieu de nulle part

Gérard du politique à qui la Vierge Marie est apparue pour lui dire : « Prend ton clairon, sonne l’olifant, pense à Clovis, pense à Jeanne d’Arc, pense au grand Charles, pense à Tonton, lève-toi et guide ton peuple vers un nouvel âge d’or républicain, présente-toi à la grande élection. » Depuis, il a une Mission, il a une Destinée, son épée est de feu, son bouclier d’argent, sa chevelure parfumée flotte aux quatre vents sacrés… et il va se manger un vieux 0,4% dans la face.

  • Dominique de Villepin
  • Hervé Morin
  • François Bayrou
  • Nicolas Dupont-Aignan
  • Jacques Cheminade
  • Ségolène Royal

Gérard du simplet dont on frémit à la pensée qu’il ait des responsabilités, vu qu’il a même pas l’air assez intelligent pour peindre des coquillages dans un centre d’aide par le travail

  • Frédéric Lefèbvre
  • Christian Estrosi
  • Nadine Morano
  • Benjamin Lancar
  • Maxime Gremetz
  • Ségolène Royal

Gérard du vieux machin fabriqué sous Mitterrand qui n’a plus aucune chance de rien mais qui s’accroche quand même, au lieu d’aller pêcher la crevette avec Jospin sur l’Ile de Ré

  • Laurent Fabius
  • Jack Lang
  • Jean-Pierre Chevènement
  • Henri Emmanuelli
  • Bernard Kouchner

Gérard de la « petite phrase » qui les suivra jusqu’à la tombe

  • Jacques Chirac : « Si vous ajoutez à ça le bruit et l’odeur, le travailleur français, il devient fou. »
  • Ségolène Royal : « Qui va sur la muraille de Chine conquiert la bravitude. »
  • Rachida Dati : « Quand je vois certains qui demandent des taux de rentabilité à 20, 25 % avec une fellation quasi-nulle. »
  • Nicolas Sarkozy : « Casse toi pauv’con. »
  • Valéry Giscard d’Estaing : « Au revoir. »

Gérard de l’homme politique 2011

  • Frédéric Lefèbvre
  • Jean-François Copé
  • Claude Guéant
  • Noël Mamère
  • Bernard Kouchner
  • Arnaud Montebourg
  • Jean-Luc Mélenchon

Gérard de la femme politique 2011

  • Ségolène Royal
  • Nadine Morano
  • Roselyne Bachelot
  • Eva Joly
  • Rama Yade
  • Michelle Alliot-Marie
  • Cécile Duflot

Bobo Bix

Antiboboïstes primaires

Demain après-midi, l’UMP organise un débat sur la laïcité. Et pour ceux qui en contestent la pertinence en manifestant ou en boudant le débat, le parti de Jean-François Copé nous ressort un pathétique argument aussi gros que les ficelles utilisées par Sarkozy pour séduire les électeurs du FN, une semaine après la poussée des amis de Marine Le Pen aux élections cantonales. Tous les opposants à ce débat sur la laïcité sont … des bobos !

L’UMP tente de renommer la “gauche caviar” en “bobo” pour dénoncer une population plus large et en constante progression. Le but final de cette manip’ étant, comme toujours, d’opposer la France d’en bas à celle d’en haut (quitte à friser le ridicule, rappelez-vous!). Cette stratégie antibobo primaire est orchestrée par le prosarko Patrick Buisson, le conseiller politique de L’Elysée qui aime se frotter à l’extrême droite. Très discret, il a accepté de parler à Paris Match la semaine dernière et n’a pas masqué sa doctrine.

« Le mépris dans lequel la classe dirigeante (tient les “sans-grade”) a quelque chose de sidérant. Nos élites sont mues par une invraisemblable prolophobie dont elles n’ont parfois même pas conscience », a t-il déclaré à l’hebdomadaire. Pour lui, le front républicain avancé pour faire barrage au FN lors des élections, tout comme le programme du PS en général, et la posture de DSK en particulier, seraient l’incarnation, de cette coupure entre prolos et bobos. « Les impensés de la gauche sur la sécurité et l’immigration témoignent d’un déni persévérant de celle-ci face à l’expression de certaines souffrances sociales. » 

Cette pensée est régulièrement répétée par les roquets du Président (dont nous faisons part de chacune de leur sortie sur notre compte Twitter). Pourtant Buisson se trompe. Bien-sûr que les bobos votent écolo comme nous l’avions constaté aux dernières régionales.

Mais on peut être aussi bobo et de droite comme l’a écrit ici-même Bobo Bix il y a quelques semaines (la fameuse droite Zadig et Voltaire). Avec cette manip, Buisson aussi se coupe de la droite classique, bourgeoise, catholique qui n’aime pas ces débats nauséabonds. La majorité est au bord de l’implosion. Et, comme ses sympathisants, l’UMP est tenté de faire scission autour d’un candidat de droite modérée (ou centriste ce qui revient au même) plus en phase avec ses idées.

Bobo Ben

Elle est bobo… elle vote Sarko
Sommes-nous condamnés à voter DSK lors des primaires socialistes ? Si l’on en croit Christian Jacob, qui s’est exprimé ce week-end sur Radio J, le patron du FMI serait Notre candidat incarné : “Ce n’est pas l’image de la France, l’image de la France rurale, l’image  de la France des terroirs et des territoires, celle qu’on aime bien,  celle à laquelle je suis attaché.” Le chef de groupe des députés UMP venait déjà d’en mettre une couche sur la répartition des bureaux de vote pour désigner le candidat PS à la présidentielle : “Il vaut mieux être né dans le 8e, dans le 7e ou dans le 6e  arrondissement de Paris pour participer aux primaires que dans le Midi  viticole, dans le Limousin ou dans la Haute-Vienne. C’est des primaires  de bobos !”
Opposer le rat des villes au rat des champs est une vieille habitude de la droite, que poursuit ici Christian Jacob. Longtemps, Jean-Marie Le Pen a adoré taper sur ces “bobos-gogos”, “ces populations urbaines aisées” dont l’écologisme est la “nouvelle religion”. Un discours qui plaît tellement aux téléspectateurs du JT de Pernault que sa fille le reprend à son compte, et n’hésite pas, elle non plus, à nous casser du sucre dessus. Comme quand elle s’emporte (en mars 2010) à l’antenne de France Inter lorsqu’on lui parle de la campagne anxiogène de Nicolas Sarkozy : “Ce type de discours des journalistes bobos qui vivent dans le 16e, je ne le supporte plus !” 
Christian Jacob et Marine Le Pen gagneraient pourtant à revoir leur “bobographie”. 6e, 7e, 8e, 16e, nos quartiers de prédilection ? Première nouvelle ! Tous ces arrondissements ont des maires… de droite. La caricature vise surtout à alimenter l’ancestrale aversion de certaines populations rurales à l’égard des privilégiés en ville. Bobos contre prolos, une division que l’on retrouve même dans la presse tunisienne commentant le renversement de Ben Ali. 
Farouchement opposés au bling-bling qu’ils exècrent, les bobos sont les nouveaux rois de Paris où ils ont couronné Bertrand Delanoë en 2001. Pourtant, à la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy, avec 50,19% des voix, y a devancé Ségolène Royal d’une courte tête. Rebelote aux dernières européennes, où l’UMP arrive en tête et fait mieux que dans le reste du pays. De quoi faire la peau du cliché du bobo écolo qui vote PS, Europe Ecologie ou MoDem ? Pas si sûr… Pourtant, lors d’une discussion au détour du marché Mouffetard avec Jean Tibéri, on sent bien la volonté de récupérer cet électorat. Les bobos envahissent tous les arrondissements, les uns après les autres. Il en sait quelque chose : ça lui a coûté son siège de maire de Paris. Mais si être bobo, c’est être à la recherche d’un certain art de vivre, vouloir plus de crèches, des couloirs de bus, un habitat urbain amélioré, des vélos, etc. En quoi est-ce incompatible avec ses valeurs ? Pour Jean Tibéri, c’est très clair : on peut être bobo et de droite. Ce qui pourrait s’avérer simple à l’échelle municipale lui pose un problème au niveau national : comment séduire ouvertement cet électorat grandissant sans heurter leurs bases rurales à l’aversion nourrie contre les bobos ? Pas sûr que la sortie de Christian Jacob arrange Chantal Jouanno qui se positionne pour 2014…
Bobo Bix

Elle est bobo… elle vote Sarko

Sommes-nous condamnés à voter DSK lors des primaires socialistes ? Si l’on en croit Christian Jacob, qui s’est exprimé ce week-end sur Radio J, le patron du FMI serait Notre candidat incarné : “Ce n’est pas l’image de la France, l’image de la France rurale, l’image de la France des terroirs et des territoires, celle qu’on aime bien, celle à laquelle je suis attaché.” Le chef de groupe des députés UMP venait déjà d’en mettre une couche sur la répartition des bureaux de vote pour désigner le candidat PS à la présidentielle : “Il vaut mieux être né dans le 8e, dans le 7e ou dans le 6e arrondissement de Paris pour participer aux primaires que dans le Midi viticole, dans le Limousin ou dans la Haute-Vienne. C’est des primaires de bobos !

Opposer le rat des villes au rat des champs est une vieille habitude de la droite, que poursuit ici Christian Jacob. Longtemps, Jean-Marie Le Pen a adoré taper sur ces “bobos-gogos”, “ces populations urbaines aisées” dont l’écologisme est la “nouvelle religion”. Un discours qui plaît tellement aux téléspectateurs du JT de Pernault que sa fille le reprend à son compte, et n’hésite pas, elle non plus, à nous casser du sucre dessus. Comme quand elle s’emporte (en mars 2010) à l’antenne de France Inter lorsqu’on lui parle de la campagne anxiogène de Nicolas Sarkozy : “Ce type de discours des journalistes bobos qui vivent dans le 16e, je ne le supporte plus !” 

Christian Jacob et Marine Le Pen gagneraient pourtant à revoir leur “bobographie”. 6e, 7e, 8e, 16e, nos quartiers de prédilection ? Première nouvelle ! Tous ces arrondissements ont des maires… de droite. La caricature vise surtout à alimenter l’ancestrale aversion de certaines populations rurales à l’égard des privilégiés en ville. Bobos contre prolos, une division que l’on retrouve même dans la presse tunisienne commentant le renversement de Ben Ali. 

Farouchement opposés au bling-bling qu’ils exècrent, les bobos sont les nouveaux rois de Paris où ils ont couronné Bertrand Delanoë en 2001. Pourtant, à la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy, avec 50,19% des voix, y a devancé Ségolène Royal d’une courte tête. Rebelote aux dernières européennes, où l’UMP arrive en tête et fait mieux que dans le reste du pays. De quoi faire la peau du cliché du bobo écolo qui vote PS, Europe Ecologie ou MoDem ? Pas si sûr… Pourtant, lors d’une discussion au détour du marché Mouffetard avec Jean Tibéri, on sent bien la volonté de récupérer cet électorat. Les bobos envahissent tous les arrondissements, les uns après les autres. Il en sait quelque chose : ça lui a coûté son siège de maire de Paris. Mais si être bobo, c’est être à la recherche d’un certain art de vivre, vouloir plus de crèches, des couloirs de bus, un habitat urbain amélioré, des vélos, etc. En quoi est-ce incompatible avec ses valeurs ? Pour Jean Tibéri, c’est très clair : on peut être bobo et de droite. Ce qui pourrait s’avérer simple à l’échelle municipale lui pose un problème au niveau national : comment séduire ouvertement cet électorat grandissant sans heurter leurs bases rurales à l’aversion nourrie contre les bobos ? Pas sûr que la sortie de Christian Jacob arrange Chantal Jouanno qui se positionne pour 2014…

Bobo Bix

Oh qu’elle est savoureuse (sic) cette petite vidéo repérée par l’excellente team de L’Humour de droite ! On y voit Benjamin Lancar, fraichement réélu président des jeunes pop (les UMP) qui n’aime rien tant que de défendre Sarko même quand il est indéfendable ou s’attaquer benoitement à Médiapart, ouvrir sa permanence dans le 10e arrondissement.

On l’a déjà dit l’arrondissement où je vis est le plus bobo de Paris et ça ne plait pas du tout à une de ses électrices qui en profite insidieusement pour faire une petite blague raciste. Mais bon c’est sur un ton humoristique bien-sûr !

Bobo Ben

Sarkozy tape à côté de la plaque en pensant récupérer les couches populaires périurbaines avec cette surenchère sécuritaire, car leurs préoccupations sont sociales. Mais ce faisant ils se coupent des bobos centristes des villes. Il joue un quitte ou double car il croit que, de toute façon, ces derniers ne voteront pas pour Martine Aubry.

Jean-Christophe Cambadélis, député de PS de Paris, dans le Libé du lundi 2 août 2010, à propos des déclarations présidentielles sur la sécurité (roms, déchéance de la nationalité pour les délinquants issus de l’immigration).

Le vote bobo sera déterminant lors de la présidentielle 2012. On ne manquera pas de décortiquer comment chaque candidat tentera de nous séduire pendant la campagne !

Régionales: Les Verts empochent 20,57% des voix à Paris
Loin de nous la volonté de faire de la politique sur ce blog mais les régionales d’hier nous permettent de faire une rapide (et facile) analyse du vote bobo. En effet, en se concentrant spécifiquement sur les résultats officiels du premier tour à Paris, on ne peut que se rendre à l’évidence : les bobos sont désormais … écolos !
Sur l’ensemble du pays, le PS est arrivé en tête (avec 29,48 % des voix) et a battu l’UMP (26,15 % des voix). Europe Ecologie (12,4 %) a tout juste dépassé le FN (11,7 %) tandis que le MoDem est crédité de 4,3 % des voix et le NPA, à 2,5 % (selon les chiffres publiés par le Monde.fr ce matin à 7h45). Mais dans la capitale, les résultats sont différents à commencer par le rapport de force entre l’UMP et le PS qui est … exactement opposé à celui observé dans le pays !
En effet, comme lors de la présidentielle 2007 où Sarko avait dominé les deux tours à Paris, l’UMP est arrivée en tête intra-muros avec 28,95% des voix pour Chantal Jouanno (selon les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur). La “domination” de l’UMP dans la plus grande de ville de France n’est pas nouvelle puisque la ville a été gérée par la droite de 1977 à 2001. La droite profite de ses grosses performances dans le riche ouest parisien (60,53% pour l’UMP dans le 16e arrondissement par exemple). Mais l’UMP n’est plus que le seul parti de droite présent dans la capitale et ne devrait pas considérablement augmenter son score au deuxième tour. Comme d’habitude, le FN est très faible à Paris (6,10%) mais en légère progression par rapport à 2007.
Dans la capitale, le parti présidentiel a donc devancé le PS qui réalise 26,26% des voix. Les socialistes doublent donc leur score réalisé aux européennes de 2009. Et rien ne devrait empêcher Jean-Paul Huchon, le président socialiste sortant de rempiler à la tête de la région Ile-de-France grâce notamment à de bonnes réserves de voix dues aux gros scores des autres listes de gauche.
Car le plus marquant est l’ampleur du vote écologique à Paris. En effet, la liste de Cécile Duflot a réalisé 20,57% des voix à Paris contre 1,53% pour Dominique Voynet en 2007 (mais à l’époque le vote utile au premier tour de la présidentielle dans la crainte d’un 21 avril bis avait affaibli de la performance de la candidate). Les Verts font leur plus gros scores dans les arrondissements bobos (28,94% dans le 2e et 28,34% dans le 10e). Le parti de Cécile Duflot a surtout réussi à siphonner les voix du MoDem de François Bayrou qui passe de 20,73% en 2007 à … 3,96% hier. Lors de la dernière présidentielle, le troisième homme avait su séduire les petits bourgeois de la capitale qui rêvaient d’une alternative entre Sarkozy et Royal.
Pourtant on ne peut pas parler de basculement idéologique car la frontière est fine entre les centristes (et surtout le positionnement à la gauche du centre qu’avait adopté Bayrou) et le parti écologiste (qu’il est tout de même difficile de placer à la gauche du PS comme on le fait généralement). Il est en fait surtout question de personne. Comme Ségolène Royal, Jean-Paul Huchon peine à se faire aimer des Parisiens. Sa locution pénible et son manque de charisme ont poussé les Parigots dans les bras d’une  personnalité attractive et sympathique qui défend des idées pas inintéressantes et qui ne font pas de mal à une mouche. Pour le reste, on vous laisse chacun analyser les raisons politiques et sociologiques de ce vote bobo.
Bobo Ben

Régionales: Les Verts empochent 20,57% des voix à Paris

Loin de nous la volonté de faire de la politique sur ce blog mais les régionales d’hier nous permettent de faire une rapide (et facile) analyse du vote bobo. En effet, en se concentrant spécifiquement sur les résultats officiels du premier tour à Paris, on ne peut que se rendre à l’évidence : les bobos sont désormais … écolos !

Sur l’ensemble du pays, le PS est arrivé en tête (avec 29,48 % des voix) et a battu l’UMP (26,15 % des voix). Europe Ecologie (12,4 %) a tout juste dépassé le FN (11,7 %) tandis que le MoDem est crédité de 4,3 % des voix et le NPA, à 2,5 % (selon les chiffres publiés par le Monde.fr ce matin à 7h45). Mais dans la capitale, les résultats sont différents à commencer par le rapport de force entre l’UMP et le PS qui est … exactement opposé à celui observé dans le pays !

En effet, comme lors de la présidentielle 2007 où Sarko avait dominé les deux tours à Paris, l’UMP est arrivée en tête intra-muros avec 28,95% des voix pour Chantal Jouanno (selon les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur). La “domination” de l’UMP dans la plus grande de ville de France n’est pas nouvelle puisque la ville a été gérée par la droite de 1977 à 2001. La droite profite de ses grosses performances dans le riche ouest parisien (60,53% pour l’UMP dans le 16e arrondissement par exemple). Mais l’UMP n’est plus que le seul parti de droite présent dans la capitale et ne devrait pas considérablement augmenter son score au deuxième tour. Comme d’habitude, le FN est très faible à Paris (6,10%) mais en légère progression par rapport à 2007.

Dans la capitale, le parti présidentiel a donc devancé le PS qui réalise 26,26% des voix. Les socialistes doublent donc leur score réalisé aux européennes de 2009. Et rien ne devrait empêcher Jean-Paul Huchon, le président socialiste sortant de rempiler à la tête de la région Ile-de-France grâce notamment à de bonnes réserves de voix dues aux gros scores des autres listes de gauche.

Car le plus marquant est l’ampleur du vote écologique à Paris. En effet, la liste de Cécile Duflot a réalisé 20,57% des voix à Paris contre 1,53% pour Dominique Voynet en 2007 (mais à l’époque le vote utile au premier tour de la présidentielle dans la crainte d’un 21 avril bis avait affaibli de la performance de la candidate). Les Verts font leur plus gros scores dans les arrondissements bobos (28,94% dans le 2e et 28,34% dans le 10e). Le parti de Cécile Duflot a surtout réussi à siphonner les voix du MoDem de François Bayrou qui passe de 20,73% en 2007 à … 3,96% hier. Lors de la dernière présidentielle, le troisième homme avait su séduire les petits bourgeois de la capitale qui rêvaient d’une alternative entre Sarkozy et Royal.

Pourtant on ne peut pas parler de basculement idéologique car la frontière est fine entre les centristes (et surtout le positionnement à la gauche du centre qu’avait adopté Bayrou) et le parti écologiste (qu’il est tout de même difficile de placer à la gauche du PS comme on le fait généralement). Il est en fait surtout question de personne. Comme Ségolène Royal, Jean-Paul Huchon peine à se faire aimer des Parisiens. Sa locution pénible et son manque de charisme ont poussé les Parigots dans les bras d’une  personnalité attractive et sympathique qui défend des idées pas inintéressantes et qui ne font pas de mal à une mouche. Pour le reste, on vous laisse chacun analyser les raisons politiques et sociologiques de ce vote bobo.

Bobo Ben