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5 billets comportant le tag province

La province ? Ah non (je n’aime pas, ndlr) ! Et je n’y retournerai jamais. On y est prisonnier. Enkysté dans des certitudes. Survivre dans l’anonymat de Paris est tellement dur qu’on est forcé de bouger sans cesse. De s’adapter de jour en jour. En province, tout est réglé. On connaît tout le monde depuis toujours. Même les jeunes ont des discours de vieux : « Ah, je vous connais bien, vous êtes une amie de ma mère ! » L’horreur !

Karin Viard dans Télérama, le 11 janvier 2012
Le retour de hype de la pétanque
On a eu du mal à y croire. Et pour être honnêtes on le redoutait un peu. Longtemps l’apanage des octogénaires méridionaux, la pétanque est en passe de devenir le sport branché de l’été 2011 ! Il suffit de se balader le soir au bord de notre très bobo canal Saint-Martin (au niveau du Quai de Seine) ou dans les parcs de n’importe quelle grande ville de province pour en avoir la preuve éclatante.
Partout des groupes de tout âge, chemises à carreaux et cheveux en pétard, tirent et pointent. A côté d’eux, sur une nappe vichy ou une table pliante en formica, s’entassent bouteilles de rosé, saucissons aux noisettes et salades tomate (cœur de bœuf bio bien-sûr) / mozzarella di bufala.
Si le picnic est devenu so 2009, la soirée pétanque semble être le truc à proposer pour rameuter à coup sûr ses amis. Car tous les dirigeants des amicales boulistes des villes de banlieue limitrophe vous le diront : la pétanque c’est convivial et accessible à tous. Et c’est un sport, mais un sport pas fatiguant. Alors ça, ça nous plaît vraiment.
Si ce loisir bien désuet plait tant à nous autres bobos, c’est que nous raffolons des trucs vintages. Au point de donner à nos enfants des prénoms de vieux comme Hector, Marcel, Louison ou Jade. Un petit décalage temporel qui nous amuse et nous rassure, à l’heure où l’informatique écroule les frontières du temps.
Maintenant va falloir s’équiper !
Alors avant la trêve estivale (qui va nous tenir quelques semaines éloignés de ce blog), nous allons donc nous équiper. Parce qu’il est évident que nous avions jamais jusqu’à présent acheté de boules de pétanque. On espère en trouver de bien abimées dans une brocante (avec un cochonnet fluo ce serait cool), pour faire croire qu’on y joue depuis longtemps. Et parce qu’on veut que, même vintage, notre accessoire de l’été soit le plus beau possible !
Bobo Ben

Le retour de hype de la pétanque

On a eu du mal à y croire. Et pour être honnêtes on le redoutait un peu. Longtemps l’apanage des octogénaires méridionaux, la pétanque est en passe de devenir le sport branché de l’été 2011 ! Il suffit de se balader le soir au bord de notre très bobo canal Saint-Martin (au niveau du Quai de Seine) ou dans les parcs de n’importe quelle grande ville de province pour en avoir la preuve éclatante.

Partout des groupes de tout âge, chemises à carreaux et cheveux en pétard, tirent et pointent. A côté d’eux, sur une nappe vichy ou une table pliante en formica, s’entassent bouteilles de rosé, saucissons aux noisettes et salades tomate (cœur de bœuf bio bien-sûr) / mozzarella di bufala.

Si le picnic est devenu so 2009, la soirée pétanque semble être le truc à proposer pour rameuter à coup sûr ses amis. Car tous les dirigeants des amicales boulistes des villes de banlieue limitrophe vous le diront : la pétanque c’est convivial et accessible à tous. Et c’est un sport, mais un sport pas fatiguant. Alors ça, ça nous plaît vraiment.

Si ce loisir bien désuet plait tant à nous autres bobos, c’est que nous raffolons des trucs vintages. Au point de donner à nos enfants des prénoms de vieux comme Hector, Marcel, Louison ou Jade. Un petit décalage temporel qui nous amuse et nous rassure, à l’heure où l’informatique écroule les frontières du temps.

Maintenant va falloir s’équiper !

Alors avant la trêve estivale (qui va nous tenir quelques semaines éloignés de ce blog), nous allons donc nous équiper. Parce qu’il est évident que nous avions jamais jusqu’à présent acheté de boules de pétanque. On espère en trouver de bien abimées dans une brocante (avec un cochonnet fluo ce serait cool), pour faire croire qu’on y joue depuis longtemps. Et parce qu’on veut que, même vintage, notre accessoire de l’été soit le plus beau possible !

Bobo Ben

Quand la Carte bleue fait grise mine, les bobos redécouvrent le territoire

A la grande surprise de personne, les jurés du prix Goncourt ont donc couronné Michel Houellebecq en ce début de semaine, et les rares parmi nous qui ne s’étaient pas encore procuré La Carte et le territoire se sont précipités dans leur librairie indépendante la plus proche. Si chaque rentrée littéraire s’évertue à établir un nouveau record en terme de parutions, il n’y a toujours que quelques livres que les bobos se doivent d’avoir lu afin de pouvoir se gausser dans les dîners en ville et sortir des phrases toutes faites comme “Je l’ai lu, et c’est de loin son meilleur”… Avouez-le, combien de fois depuis septembre avez-vous entendu cette phrase au sujet du dernier Houellebecq ? Une telle sentence présentant l’avantage de laisser croire à votre interlocuteur que vous avez lu absolument tout de l’auteur, même si c’est complètement faux.

Photo Manuel Lagos Cid (Paris Match)

Nous n’avons pas lu tout Houellebecq, et nous n’avons même pas apprécié tout ce que nous avons pu lire de lui. Nous n’avons pas lu toute la rentrée littéraire, donc nous ne vous dirons pas si c’est le meilleur livre de celle-ci. Mais, à la différence de certains de nos congénères, nous avons vraiment lu La Carte et le territoire, nous avons aimé, et n’attendions qu’un prétexte pour vous en parler, voilà chose faite ! Le hasard a même voulu que je le lise à la campagne, à l’occasion d’un week-end en Normandie, et je n’ai pu m’empêcher de mettre en parallèle ma propre escapade hors Paris avec le retour à la campagne que met en exergue ce livre, “inventaire mélancolique et ironique de la France d’aujourd’hui et de demain (vers 2020) : un manège de « people » qui tourne à vide côté ville ; un musée touristique « bobo », côté champs”, comme l’écrivent Les Echos.

Bien qu’écolos et adeptes du bio, les bobos, enfants de la pollution, ont longtemps eu des boutons à la simple idée de dépasser le périphérique pour s’aventurer dans des régions où la 3G relève encore d’une science-fiction à laquelle même les frères Bogdanoff n’oseraient rêver. Jean-Pierre Pernault, avec son journal télévisé qui vante chaque jour les mérites de la ruralité, est leur antéchrist ; il est donc cocasse de le retrouver protagoniste de ce roman aux côtés de Frédéric Beigbeder, personnalité déjà bien plus bobo. Pourtant, même celui-ci confesse délaisser de plus en plus Paris ces derniers temps au profit de Guéthary, village de la Côte Basque. Retour aux sources, à l’enfance, déjà évoqué dans son Roman français, étayé par Houellebecq ici, dont le propre personnage s’isolera dans un trou perdu de la France (mais étant donné que l’auteur s’isole déjà dans un trou perdu de l’Irlande, c’est nettement moins sensationnel).

Qu’est-il arrivé aux bobos pour qu’ils se mettent ainsi à redécouvrir le chemin de la province ? Choc des cultures, de plus en plus d’agriculteurs se mettent à ouvrir des chambres d’hôte pour accueillir de nombreux parisiens stressés en quête de dépaysement et d’air pur à bas prix. La cuisine traditionnelle revient en force, au détriment de la cuisine fusion, pourtant très en vogue durant la décennie précédente. De grands musées parisiens se mettent à ouvrir des antennes au milieu de nulle part, à la faveur de nouvelles lignes TGV, parce que c’est tellement plus chic de dire qu’on est allé au Centre Pompidou de Metz plutôt qu’à celui de Beaubourg. Dépités par les prix de l’immobilier parisien, ceux qui voulaient acheter un appartement se rabattent sur une maison de campagne qu’ils retaperont eux-mêmes, tels des Valérie Damidot au grand air qu’ils sont… Et si, malgré leur apparent train de vie bourgeois, les bobos subissaient juste la crise ?

Bobo Bix

Michel Houellebecq, La Carte et le territoire (Flammarion, 2010, 22€)

Ceci est un reportage. Précision utile dans la mesure où l’on pourrait prendre pour de la fiction historique ce documentaire sur les samedis soir des jeunes en province. Tourné à La Châtre en Indre (36), nous supposons qu’il s’agit d’un coin paumé de France, que nous sommes incapables de situer et qui nous paraît aussi lointain que la ferme célébrités de Zulu Nyala. Tout dans ce reportage est à des années lumière de nos samedis soirs parisiens (et même de nos samedis soirs provinciaux, lorsque, à jour de nos vaccins, nous nous décidons à passer le périph) !

On n’en rajoutera pas sur les looks, cela serait trop facile… Mais nous pensions que les bals populaires dataient du temps de nos parents, voire grands parents ; nous ne nous souvenions plus du quart d’heure de slow dans les boîtes ; nous croyions réservé aux fêtes foraines l’effet d’écho sur la voix du DJ ; nous avions oublié qu’à une époque, la capote prêtait encore à discussion ; que le garçon s’interrogeait seulement au bout d’un mois de la possibilité de coucher avec sa copine (aujourd’hui, ce serait plutôt premier soir ou pas ?) ; que la bouteille de bière coûtait 10 francs en boîte ; etc… On assiste même aux débuts du tuning ! Après avoir imaginé un instant la possibilité d’une faille spatio-temporelle, on situe approximativement le reportage au début des années 80. Mais, coup de grâce, le générique de fin nous apprend qu’il date de… 1995 !!! Alors on se renseigne auprès de nos grands frères et grandes soeurs, sur ce temps où le portable n’existait pas et on leur demande si leurs samedis soirs ressemblaient vraiment à ça, le verdict nous achève : “Je trouve ça super ! Mes soirées avec mes potes ressemblent encore à cela… C’est pour ça qu’à Paris je vais au Club 79 ! T’es pas un peu parisien toi ?” Thanks God, I’m a bobo !

Bobo Bix