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14 billets comportant le tag snobisme intellectuel
14 billets comportant le tag snobisme intellectuel
A nos chansons ratées héééé hééé hééé hééé
Il y a un an pile, nous hallucinions de voir M Pokora sacré “artiste masculin français de l’année” lors des NRJ Music Awards 2011. Et bien rebelote cette année : le petit minet a empoché deux nouveaux trophés aux NMA2012 (comme on dit sur Twitter) : meilleur artiste francophone et meilleure chanson. Cette auto-consécration de la culture beauf a aussi primé, s’il vous plait, Shy’m, Justin Bieber, Nolwenn Leroy, Shakira et la vieille Mylène Farmer. Vu d’ici le palmarès est assez LOL, mais NRJ l’a érigé au premier degré…
Mais quelque chose a changé depuis notre cri de désespoir billet de l’année dernière : on a découvert ce que chantait de M Pokora… Rassurez vous on n’a pas acheté son album sur iTunes, non ! Cet été sur une plage de la cote d’azur alors qu’on venait chercher pacifiquement un coca zéro frais dans une paillote ombragée, une télévision passait une horrible reprise de A nos actes manqués… Une adolescente boutonneuse a dit “han c’est M Pokora j’adoooore il est troooop mignon” et a commencé à lever les bras pour reproduire la choré du clip… Voilà voilà… Comme ça, à sec, la découverte fut violente… Nous avons immédiatement quitté les lieux, agressé par ces atroces chœurs faussement africanisés, et renonçant à jamais à fréquenter des guérites de plage.
Ce matin, rien qu’en écoutant les 5 premières secondes de la vidéo ci-dessus, j’ai la nausée. Bon ok c’est peut être aussi a cause de ma cuite d’hier soir. Dire que ce truc vient d’être élu par NRJ “meilleure chanson de l’année” c’est désespérant… Déjà, je ne supporte pas Jean-Jacques Goldman (la variet’ françaises des années 90 je ne PEUX plus) et cette chanson est la pire de la discographie du millionnaire. Alors mal remixée….
Comme on est sadiques sympas, on a décidé de la mettre sur ce blog avant votre brunch dominical ! Il y en a bien un ou deux d’entre vous qui va cliquer sur lecture avant d’avoir fini de lire ce billet et qui aura cette chanson dans la tête toute la journée ! Je sens que vous allez nous détester mais ce n’est pas nous qui avons commencé, c’est NRJ !
Bon dimanche les bobos !
Bobo Ben
Du LOL en barre
Dans la catégorie « la remise de prix la plus LOL de l’année », sont nommés : Les Gérard de Paris Première et les NRJ Music Awards. Roulement de tambour pendant que Christian Audigier ouvre l’enveloppe. “Et le gagnant est à l’unanimité… NRJ” !
Tous les ans, à l’entrée de l’hiver, on attend impatiemment l’annonce des nominations des NRJ Music Awards. Notre snobisme intellectuel se délecte de voir une armada de chanteurs beaufs concourir, le plus sérieusement du monde, comme “artiste de l’année”.
Si Les Gérard sont à prendre au millième degré avec leurs catégories hilarantes (aaaaah le “Gérard du chômeur qui vient pointer à Paris Première plutôt qu’à Pôle Emploi” que l’on trouve dans les nominations 2011), il n’y a aucun second degré à NRJ. NON, AUCUN. On vous assure, on a enquêté, la radio ne rigolait pas quand elle a attribué l’année dernière le prix de l’artiste masculin français de l’année à M Pokora ! Bon en même temps, il succédait à Garou, Roch Voisine et Pascal Obispo.
Beyoncé, Britney Spears, Katy Perry et Rihanna sont nommées cette année comme “artiste féminine internationale de l’année”. Black Eyed Peas, Lady Gaga, Mika, Coldplay, LMFAO, David Guetta, Usher et Adèle sont également en course pour un trophée. Cette sélection n’est pas d’une originalité folle mais NRJ veut juste faire venir sur son plateau quelques stars internationales de la musique pour “valoriser sa marque”. Et elle y arrive chaque année en manipulant se servant des prix pour les convaincre.
Mais, outre les grosses ficelles marketing de cette célébration de la musique commerciale, ce qui nous fait rire chaque année ce sont les catégories françaises. Nolwenn Leroy, Elisa Tovati, Joyce Jonathan et Shy’m sont en lice pour le prix de “l’artiste féminine francophone de l’année”. Le prix masculin doit départager Christophe Maé, Corneille, David Guetta et M. Pokora ! Inutile de préciser que ce ne sont pas vraiment les artistes qui tournent en boucle dans nos iPhones…
Alors on rit, en se demandant qui sont ces gens dont on n’a JAMAIS entendu parler, même de nom. Qui est Inna Modja ?? Que chante Keen’ V, Merwan Rim et Mickaël Miro ?? Quel duo peut bien avoir commis Simple Plan et Marie-Mai ? C’est limite flippant de voir que des pans entiers de la culture populaire n’effleurent même pas la nôtre. force est d’admettre que, un poil snobs élitistes, on ne fait pas vraiment l’effort non plus.
Bref, tout ça pour vous dire d’aller voir les nominations des NRJ Music Awards 2012 sur leur site officiel. Ca devrait, comme nous, vous aidez à bien commencer la semaine. Et n’hésitez pas à voter pour Corneille, qu’on rigole un peu au soir de la cérémonie !
Bon début de semaine bande de bobos !
Bobo Ben
Rendez-nous Nouvelle Star !
Décidément qu’est ce qu’on râle en ce moment ! Mais on n’en peut PLUS de Beauf Factor. On l’a déjà dit lors du démarrage de Top Chef, M6 avait (contrairement à TF1) réussi à rendre branchouille ses émissions de télé-réalité, pourtant par essence mainstream. C’était le cas de Nouvelle Star qui, après des débuts erratiques, s’est émancipée de la Star Ac’ et avait fini par la tuer.
La chaîne et le jury avaient enlevé tout le coté télé-réalité, rendu le rock obligatoire, imposé aux candidats de réorchestrer leurs reprises, favorisant davantage les musiciens aux braillards et expliqué difficilement aux gamines qui envoient des SMS que le physique ne compte pas quand on ambitionne de faire de la musique. Résultat : la Nouvelle Star a enfanté un magnifique cheptel de bobos : Christophe Willem, Julien Doré, Camélia Jordana, Luce et compagnie.
Et là c’est le drame. Les bobos se lassant vite et adorant détester ce qu’ils ont adoré, les audiences se sont progressivement érodées. Et M6 a décidé, l’année dernière, d’arrêter Nouvelle Star. Il y a quelques semaines, elle a été remplacé par un autre télé-crochet X Factor. Nous laissant comme orphelins…
En fait X Factor c’est un peu le cousin beauf de Nouvelle Star. A part le décors tout est moche. On retrouve tous les artifices que l’on détestait dans la Star Ac’. Les candidats qui postulent en groupe sont ringards. Des minets sans talents sont reconduits chaque semaine car ils ont une mèche sur le front comme qui-vous-savez. Les filles reprennent du Daniel Balavoine et ne font plus de ACDC. Les meilleurs sont éliminés car trop vieux. Et à la place d’André Manoukian et Philippe Manoeuvre qui citaient Gilles Deleuze, on a une canadienne qui n’arrête pas de brailler et un inconnu grisonnant qui soutient des candidats indéfendables et porte des vestes encore plus indéfendables. Bref, c’est insupportable pour nos oreilles de bobos.
Donc, à partir d’aujourd’hui, nous ne regarderons plus X Factor, même en cachette. Désormais le mardi on ira au ciné et tant pis si on va voir des films snobinards. Et en bons bobos de merde, en rentrant on se mettra Ce soir (ou jamais !), la plus intéressante émission du PAF qui va malheureusement bientôt devenir hebdomadaire…
Bobo Ben, qui, c’est promis, ne râlera plus !
Une palme sublime et WTF à la fois
Robert de Niro et son jury ont attribué hier soir la palme d’or du 64e festival de Cannes à The Tree of Life de Terrence Malick. D’après les festivaliers (dont ses geeks de Cannes Inside), le niveau de la sélection était très bon cette année. Une bonne douzaine de films (sur les 20 en compétition) méritaient de se retrouver au palmarès mais aucun d’entre eux ne se détachait nettement pour la palme. En privilégiant l’américain Malick à Almodovar, à Kaurismaki, à Cavalier et aux Dardenne, le jury à fait un choix. Contestable.
Puisqu’il est sorti dès mardi soir, le jour même de sa présentation cannoise, nous avons déjà pu voir The Tree of life. Nous en sommes venus à bout avec une double impression. Celle d’avoir vu un film sublimement filmé et assommant (dans le bon sens du terme) mais plombé par 50 minutes de grand n’importe quoi.
L’histoire profonde et subtile d’une fratrie élevée par un père autoritaire. La tension familiale monte doucement mais surement vers un drame annoncé dès l’ouverture du film. Cette partie-là de The Tree of Life est magistrale. Les enfants sont parfaits. Jessica Chastain et Brad Pitt aussi. On ne peut plus classique dans le fond mais frôlant la perfection et le sublime dans la forme. En quelques scènes clés, Malick confirme qu’il est un filmeur et un directeur d’acteur génial. Sean Penn, qui joue le rôle de l’aîné des enfants encore hanté à l’âge adulte par le drame familial, apparait un quart d’heure à peine dans un rôle quasi-muet. Mais sa carcasse et son regard dépressif hantent le film de bout en bout.
Mais cette partie (géniale on le redit) est appesantie par 50 minutes censées illustrer la création de l’univers. On y voit de la lave en ébullition et des dinosaures. Le tout sous la très belle musique d’Alexandre Desplat. C’est beau mais on ne comprend pas très bien ce que ça fout là. Dans la salle, quelques personnes se sont faits la malle. C’est idiot car l’autre partie du film vaut la peine d’insister.
Cette séquence très WTF, rappelle la fin de 2001, l’odyssée de l’espace. Mais n’est pas Kubrick qui veut. On n’a pas bien saisit (mais nous étions a-jeun) où Malick voulait en venir et en quoi son histoire était universelle. Faute d’avoir compris, j’ai trouvé le film de Malick frustrant (ce qui est défendable) et un peu pompeux (ce qui l’est moins). Ce n’était visiblement pas l’avis de De Niro, qui, en gros, me fait comprendre que même bobo je suis un parfait ignare.
Bref, j’aurais aimé adorer ce film et me réjouir de son prix mais je n’ai compris ni l’œuvre ni sa palme. Je ne le conseille pas vraiment à moins d’être cinéphile et/ou averti. Mais je suis curieux d’avoir des retours de spectateurs lambdas pas aussi snobs que les jurés cannois !
Bobo Ben
Et maintenant, la politique ! Après la télévision et le cinéma, mais avant la musique, Les Gérard décorent ce soir le pire de la politique. Y’a du boulot…

Il paraît que ces dix catégories sont les plus softs… Ca promet pour ce soir, au Palace, où Les Gérard (Arnaud Demanche, Stéphane Rose et Fred Royer) s’en prendront, avec leur ton habituel, à nos dirigeants. Dès 20h30, en léger différé sur Paris Première, on découvrira l’ensemble des 23 catégories, aux intitulés à rallonge mais hilarants. A rebours de la vague de nostalgie du 10 mai 1981, une autre façon de parler de politique aujourd’hui, qui ne leur fera pas que des amis !
Du Réservoir au Palace en passant par le théâtre Michel, Les Gérard n’ont rien perdu de leur humour. Si certains lauréats des Gérard de la télévision viennent parfois chercher leur parpaing, on doute qu’il en sera de même en politique ! Réponse ce soir dans la salle du Palace pour les bobos parisiens, ou devant Paris Première (une chaîne pour vieux, selon eux). En attendant, on se prépare en revoyant leur bobocast et on croise les doigts pour Frédéric Lefebvre qui mérite un Gérard d’honneur pour l’ensemble de son œuvre…
Gérard du mec de gauche qui a trimé vingt ans pour se constituer un capital sympathie qu’il a niqué en vingt secondes en acceptant de bosser avec Sarkozy
Gérard du charisme
Gérard de l’idée de programme griffonnée sur un coin de nappe en papier avec cinq pastis, un cassoulet, une bouteille de Côtes du Rhône et deux calvas derrière la cravate, et allez zou !
Gérard de la personnalité politique géographiquement contrariée
Gérard du politique à qui la Vierge Marie est apparue pour lui dire : « Prend ton clairon, sonne l’olifant, pense à Clovis, pense à Jeanne d’Arc, pense au grand Charles, pense à Tonton, lève-toi et guide ton peuple vers un nouvel âge d’or républicain, présente-toi à la grande élection. » Depuis, il a une Mission, il a une Destinée, son épée est de feu, son bouclier d’argent, sa chevelure parfumée flotte aux quatre vents sacrés… et il va se manger un vieux 0,4% dans la face.
Gérard du simplet dont on frémit à la pensée qu’il ait des responsabilités, vu qu’il a même pas l’air assez intelligent pour peindre des coquillages dans un centre d’aide par le travail
Gérard du vieux machin fabriqué sous Mitterrand qui n’a plus aucune chance de rien mais qui s’accroche quand même, au lieu d’aller pêcher la crevette avec Jospin sur l’Ile de Ré
Gérard de la « petite phrase » qui les suivra jusqu’à la tombe
Gérard de l’homme politique 2011
Gérard de la femme politique 2011
Bobo Bix
Bobocast - Episode 21 : Les Gérard
Arnaud Demanche, Stéphane Rose et Frédéric Royer : trois noms pour un seul prénom, Les Gérard. Chaque année, ils décorent le pire du cinéma et de la télévision, bientôt aussi de la politique. On suivait leurs cérémonies décalées quand elles n’étaient encore qu’un rendez-vous de hipsters au Réservoir en 2006. Désormais diffusées sur Paris Première elles ont gagné un public plus bobo qui apprécie leur critique de la culture beauf, tout comme de l’élitisme, dans une auto-dérision masochiste.

Des catégories fantaisistes aux dénominations originales nous font hurler de rire. Ainsi remettront-ils le 21 février prochain le “Gérard du réalisateur, quand tu vois ses films, ben t’as du mal à réaliser. Parce qu’en fait, lui aussi” (Christophe Honoré, Gaspard Noé, Jean-Luc Godard…), le “Gérard du chanteur qui fait l’acteur, ou le contraire, en tout cas dans un cas comme dans l’autre, il le fait mal” (Benjamin Biolay, Lio, Jacques Dutronc, Philippe Katerine…) ou encore le “Gérard du petit cul” (Mélanie Laurent, Clémence Poesy, Lea Seydoux…) et celui du “gros cul” (Catherine Deneuve, Isabelle Adjani, Judith Gros Derche…). Un peu de mauvais esprit qui ne fait pas de mal pour secouer tous ceux qui prennent cela trop au sérieux. Des gens qui se moquent à la fois des beaufs et des snobs, forcément ça nous parle. Mais où se situent Les Gérard dans tout ça ? Bobos, beaufs ou un peu tout ça ? A juger sur pièces dans ce bobocast et à 22h sur Paris Première le 21 février prochain.
B & B
Top Chef revient !
On regarde peu la télé. D’abord parce que l’on sort beaucoup et, ensuite, parce que les soirs où nous sommes chez nous, nous préférons regarder un DVD que nous abrutir devant un téléfilm de la Une.
De temps à autre, nous allumons une chaîne d’info continue pour connaître les derniers rebondissements des mouvements révolutionnaires en Afrique du nord. Nous regardons aussi parfois La Semaine des Guignols ou la finale de coupe du monde de Handball, ainsi que des magazines politique ou d’actualité (Ce soir ou jamais, Dimanche+, Envoyé Spécial, Capital, Un œil sur la planète, Un Jour/un Destin). Mais on a du mal à se poser devant une télévision beaucoup trop mainstream pour nous…
Puis un jour est arrivée Nouvelle Star. On a raté les premières saisons par hostilité de principe à la télé-réalité (ses caméras dans les douches, ses faux couples, ses pipes dans les piscines et la grosse Régine dans la Ferme). Attiré par le phénomène Christophe - la Tortue - Willem, on a jeté un œil au télé-crochet de la Six. On s’est rendu compte qu’une forme de télé-réalité (sans enfermement ni suivi au quotidien) permettait de dénicher des artistes talentueux et que la télévision pouvait diffuser du rock pointu, avec des arrangements originaux, et ironiser des pires conneries de la variété française.
Comme cela nous arrive parfois, nous sommes devenus accrocs à ce programme populaire. Nous nous sommes surpris à soutenir, année après année, Christophe Willem, Julien Doré, Benjamin Siksou et Camélia Jordana avant d’être un peu lassé que nos chouchous soient systématiquement battus. L’hiver dernier, on pensait ne plus rallumer la télévision quand on a découvert Top Chef.

Le grand concours de cuisine, qui reprend du service ce soir sur M6, nous a rendu dingues. Les épreuves captivantes auxquelles sont soumises des jeunes professionnels de la cuisine et le redoutable jury de chefs étoilés nous ont fixés sur notre canapé tous les lundis soirs pendant plus de 3 heures (oui Top Chef c’est long…) ! Mais, surtout, Top Chef défend la sueur et les neurones (quand la télé prône l’oisiveté et la vulgarité). Il suffit de voir les appétissantes assiettes que préparent les candidats pour en être convaincu. Et, last but not least, Top Chef, nous a donné envie de mieux bouffer et de nous améliorer en cuisine !
Chaque lundi soir, on sera plus que jamais rivé devant Top chef, entourés de nos amis proches, tout en préparant un bon diner. La production a promis aux 14 candidats de l’édition 2011 (deux de plus que l’année dernière ce qui laisse présager deux prime-time supplémentaires) des épreuves encore plus folles. Il y a quelques semaines, M6 nous a montré une séquence où les “maîtres” de chaque candidat (prof, proches, patrons) choisissent eux-même les ingrédients pour leur poulain avant de juger le résultat. Selon les premières images, les candidats devront aussi préparer un repas pour Sébastien Chabal (!?!?!?). Une séquence très #wtf qui, grâce au talent des équipes de Fremantle, pourrait s’avérer très #lol.
Bref, nous serons devant notre poste ce soir, et tous les lundis qui viennent ! D’avance, merci de ne pas nous déranger.
Bobo Ben
Le cheap n’est pas chic
Se frotter les yeux pour s’assurer qu’ils ne sont pas encore embués par l’alcool de la veille. Aller sur un autre site pour vérifier que les pourtant très fiables journalistes de PureMédias (à qui on a piqué cette capture d’écran) ne se sont pas trompés. Mais non c’est bien ça: M Pokora a été sacré hier “artiste masculin français de l’année” lors des NRJ Music Awards.
Alors j’ai éclaté de rire sur mon portable dans mon lit en me disant que si l’expression “what the fuck” n’avait pas déjà existé, on aurait pu l’inventer hier soir ! M Pokora “artiste de l’année” ? Je ne savais même pas qu’il chantait encore même si, c’est vrai, je n’écoute pas NRJ (sauf quand je m’arrête faire le plein chez Total) et le garçon ne passe ni sur FIP ni sur Nova (je ne suis même pas certain qu’il soit diffusé sur NRJ). Pour être totalement honnête, je ne pensais pas réentendre parler un jour du Justin Timberlake du pauvre français dont la carrière reste pour moi une énigme.
Mais le reste du palmarès nous a fait réaliser qu’en fait la cérémonie, diffusée en direct sur TF1, était une grosse blague. Jenifer élue meilleure chanteuse française et Shakira meilleure artiste internationale (sûrement parce qu’elle avait daignée faire le déplacement à Cannes contrairement à cette effrontée de Lady Gaga qui en plus est en partenariat avec la rivale Fun Radio). Bref, NRJ a consacré les artistes insipides formatés qu’elle diffuse à longueur d’année. Ce n’est même pas la culture de masse qui est célébrée par cette soirée mais les partenariats un peu cheaps d’NRJ.
Du coup, tous ceux qui, comme nous, ne comptent pas sur cette radio populaire pour leur dire quoi écouter se sont marrés devant le palmarès de cette auto-célébration du beauf.
Bobo Ben
“Notre société valorise peu la culture, nous avons quand même élu le premier président de la République qui revendique presque son inculture. L’idée circule, diffuse mais de plus en plus assumée, que le cinéma d’auteur est un truc intello pour Parisiens bobos.”
“Est-il plus dur de pousser un chariot vêtu d’un jogging dans un hypermarché de banlieue ou d’acheter un t-shirt Zadig & Voltaire parce qu’on l’a vu dans le Vogue Homme italien ? La différence est que les snobs adorent qu’on les dénigre. Fustigés et punis, ils peuvent poursuivre la pratique de leur vice.”
On vous conseille plus que vivement de prendre une demi-heure dans ce dimanche forcément palpitant pour écouter le dernier numéro de l’émission 2000 ans d’histoire de Patrice Gélinet de France Inter. Cette émission (une rediffusion de septembre 2008) était consacrée à l’histoire du snobisme.
Le mot snob vient de l’abréviation du latin « Sine Nobilitas », c’est-à-dire sans noblesse. Historiquement, il désigne donc ceux qui ne sont pas nobles mais veulent se faire passer pour nobles. En un mot, les bourgeois. Il est assez amusant de noter les similitudes entre les notions de “snob” et de “bobo”, notamment dans la volonté de ces deux espèces à se placer comme l’élite et d’avoir pour cela recours à des signes extérieurs de richesse, notamment culturelle, pour y arriver. Avec une nuance près : le bobo, pour surligner son côté bohème, sera lui capable de revendiquer une passion pour une chose hyper populaire, pour compenser une partie de son snobisme intellectuel assez mal vu chez les bobos comme ailleurs.
Une réflexion nous a particulièrement amusé en fin d’émission. A l’exception peut-être de Boris Vian (mais c’est de l’ironie), personne n’ose reconnaitre qu’il est snob alors que tout le monde l’est un peu. Le snob préfèrera se voir comme un dandy (comme le dit Gonzague Saint Bris dans une archive). Le raisonnement est le même pour les bobos qui ont toujours un peu honte de se qualifier ainsi comme nous le prouvons jours après jours à travers nos bobocasts depuis plus de 6 mois.
Bobo Ben
Le plus simple pour écouter ladite émission est de la podcaster via itunes en cliquant sur ce lien.

Depuis jeudi dernier, Isabelle Huppert joue tous les soirs, pendant deux mois, Un tramway nommé désir, une pièce absolument somptueuse de Tennesse Williams dont on ne dira jamais assez qu’il est le meilleur dramaturge du XXe siècle. A L’Odéon (dit théâtre de l’Europe), la comédienne reprend le rôle de Blanche DuBois immortalisé en 1951 par Vivien Leigh dans le film d’Elia Kazan où elle donnait la réplique à Marlon Brando -on ne vous conseillera jamais assez de (re)voir la scène de rencontre des deux personnages.
Isabelle Huppert s’offre le luxe de jouer à guichets fermés ce drame, mis en scène par le polonais Wajdi Mouawad, où elle donne la réplique à Andrzej Chyra et Florence Thomassin (entre autres). La comédienne a joui d’un large plan média traditionnel pour ce genre d’évènement (Libé, France Inter, Télérama, Les Echos, etc.), qui ont fait, cela dit, des critiques plutôt sévères.
Quelque chose m’amuse et m’énerve à la fois dans ce genre “d’évènement culturel”. On ne peut qu’observer -et déplorer- à quel point ce type de spectacle est clivant. Une telle affiche ne devrait pas allécher que les bobos mais l’austérité des premières images du spectacle et les décors (il faudra m’expliquer comment est venue l’idée du bowling !?!?) vont rebuter les plus vaillants d’entre nous et risquent de dégouter ceux qui vont quand même se laisser tenter.
Ce genre de mise en scène prétentieuse qui frise a priori la branlette intellectuelle gâche le plaisir d’écouter un excellent texte et de voir des bons comédiens. Ces parti-pris artistiques (mais pourquoi le bowling ???) expliquent en parti pourquoi les théâtres publics ont perdu leur attrait pour le public “populaire”, qui préfère les pièces sans chichi ni snobisme. Ceux-ci ont d’ailleurs préféré acclamer cette saison Panique au Ministère avec Natacha Amal et Amanda Lear au théâtre (privé) de la Porte Saint-Martin… Alors que, une fois de plus, le Tramway, comme les pièces de Molière, de Marivaux ou de Anouilh, est un classique susceptible de plaire à large public si elle est montée intelligemment…
Loin de moi de refaire ici l’(inter)minable débat entre théâtre subventionné et théâtre privé mais l’élite a fait main basse sur les établissements publics et les ont coupés de leur vocation première : faire connaître au plus grand nombre les pièces les plus intelligentes possible afin de niveler par le haut la culture des Français. Contrairement à une idée reçue, les spectacles sont souvent moins chers dans le public (mais les systèmes d’abonnement verrouillent l’achat des billets à l’unité), mais la prétention des spectacles qui y sont montés les ont coupé pour longtemps du “grand public”…
Bobo Ben
A peine rentrés de nos périples hivernaux en Province (eh oui en vrai faux-bobos nous n’avons malheureusement pas passé les fêtes à Paris cette année…), nous avons tous deux retrouvé nos bonnes vieilles habitudes. Pendant que l’un sirotait un cocktail du Curio Parlor, l’autre retrouvait les fauteuils du fameux MK2 Quai de Seine pour vivre son première coup de cœur cinéma de l’année 2010 : Tétro de Francis Ford Coppola.
Magnifiquement filmé en noir et blanc dans les rues de Buenos Aires, ce film met en scène un superbe trio de cinéma : deux frères et la femme de l’ainé d’entre eux. Tout commence par l’arrivée du plus jeune qui a fui sa riche famille new-yorkaise et fait escale chez son ainé qui a fait le même parcours quelques années auparavant après avoir renié jusqu’à son nom de famille. Pendant deux heures, Coppola remonte le fil du drame familial originel qui a poussé Tétro à abandonner sa famille. La curiosité du plus jeune se heurte sans cesse aux blessures, aux refoulements et à la frustration littéraire de l’autre. Un tandem de personnages qu’arbitre la douce et bienveillante Miranda incarnée par la très sensuelle Maribel Verdu.
En plus d’un talent incomparable de narrateur (même si l’épilogue est un peu décevant et le théâtre un peu trop présent), Coppola sublime ses acteurs à l’écran. Vincent Gallo, trouve enfin un rôle qui justifie sa bonne réputation. Avec son visage plus marqué que jamais et son regard hagard, il donne corps à ce personnage sinueux, complexe mais attachant. Mais c’est surtout Alden Ehrenreich (au premier plan) dans le rôle de Bennie qui crève l’écran. Il illumine littéralement la pellicule. Sa démarche gauche et son sourire ravageur sont magnétiques. On pense au Marlon Brando de Sur les quais de Kazan ou au DiCaprio de Gilbert Grape . Il y a forte à parier que ce jeune homme, repéré par Spielberg, ait une grande carrière.
Bref, un film intense à se prendre dans la gueule qui se démarque nettement des autres niaiseries du moment. A voir absolument.
+ Tétro de Francis Ford Coppola, 2009, 2h07. Voir la -mauvaise- bande-annonce.
Bobo Ben